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dimanche 3 juillet 2011

Björk, Biophilia, iTunes store et stratégie de marketing interactif : #BIGWIN!

Dès 2001, avec l'introduction dans nos vies du iPod, la musique numérique a pris d'assaut l'industrie du disque, qui a vu son modèle économique remis en question par les nouvelles technologies d'échange et de partage (P2P), et depuis, par l'explosion du web social ou 2.0. Chez les artistes musicaux, cela a eu pour effet de remettre en question le processus de diffusion des créations musicales, et de l'enrichir sensiblement de nouvelles façons de vendre la musique, ou, plus précisément, de la partager au public...

Avec tous les gadgets introduits dans notre monde depuis une décennie, dans le monde musical, l'attrait marketing d'un artiste réside désormais dans sa capacité d'élaborer des expériences dérivées de sa musique. La simple écoute d'un CD à laquelle on s'adonnait principalement, il y a plus de 10 ans de cela, est morte. 

L'artiste internationale d'origine islandaise Björk est un bon exemple de cette nouvelle vague. Biophilia, le nouvel album de la chanteuse à paraître en septembre 2011, offrira de la musique créative, intelligente et contemporaine, mais tout un univers interactif relatif à chaque chanson de l'album. Une application mère nommée Cosmogony sera lancée par Björk et rendue disponible via le iTunes store en même temps ou avant le lancement de l'album complet, et nous pourrons télécharger, à partir de celle-ci, une application différente pour chaque nouvelle chanson releasée comme single.

Chaque application-chanson de Biophilia de Björk comprendra des contenus (jeux, essais, console à remixer, etc.) relatifs à chaque chanson releaséeenrichissant ainsi considérablement l'expérience habituelle d'écouter de la musique. Cela créera un véritable engouement et plaisir pour les fans les plus fidèles de l'artiste qui auront alors l'impression de se perdre positivement dans l'univers musical nouveau de la chanteuse... mais, pas uniquement par la simple écoute de musique. Tous les sens seront sollicités, pratiquement, dans ce type d'approche.

Au niveau cognitif, il s'agit d'une conception marketing puissante pour transmettre un message ou des valeurs reliées à un produit. On passe facilement, avec ce type de promo multisensorielle, d'un taux de rétention du message de 5-10% à 40%. L'interaction du public avec les contenus dérivés d'un album fidélise, monétise, et permet à l'artiste musical de s'émanciper en dehors de son créneau habituel. Cela lui permet d'aller chercher aussi beaucoup plus de revenus que par la vente de CDs ou d’albums numériques, car les applications ne sont pas autant piratables que les MP3. Mais, encore... la tactique ne vise pas tant le profit que d'augmenter l'engagement des fans envers l'artiste.

Du single au single, un parcours imprévisible...
Toutes ces nouvelles stratégies marketing décrites précédemment ont certainement comme objectif principal de permettre de mieux vendre le produit d'origine : l'album complet. L'idée d'un single nous paraissait de plus en plus farfelue, jusqu'à récemment (de même que la célèbre expression B-SIDE), mais elle revient présentement en force. On voit de plus en plus se rénover le marketing du disque depuis qu'iTunes permet la vente unitaire de toutes les chansons de tous les albums de tous les artistes de son store, qu'elles aient été releasées comme singles officiels ou pas. Cela a pour effet de rendre non obligatoire, pour apprécier le nouveau travail d'un artiste, de se procurer son album complet. On peut en obtenir des bribes, selon les extraits qui nous plaisent, et c'est précisément ce qui a fait revenir le single en force, dernièrement, avec l'avènement du marketing social et orienté vers la participation des publics : si on ne fait pas un marketing individualisant et différenciant les chansons, l'album se perd dans la concurrence plus originale.

Les artistes musicaux gagnent tout maintenant à créer des expériences dérivées du produit original, en mettant à profit les nouvelles technologies interactives et de réseautage social; et à en prolonger la durée de vie, en mettant à profit l'approche traditionnelle du single désormais généralisée à l'album au complet. Cela crée un produit dense, foudroyant d'intérêt et différencié. Ce qui rend possible la génération de revenus plus importants que par la seule vente de copies d'albums numériques...

Dans le cas de Biophilia, le contact avec la musique se fera, avant le lancement de l'album en septembre 2011, via les applications dérivées de Cosmogony. Le tout culminera avec le lancement de l'album et d'une tournée mondiale. Le virtuel deviendra de plus en plus réel, et incitera fortement ceux qui auront été enchantés à assister à l'un des nombreux concerts qui seront annoncées prochainement par Björk. Ils achèteront ses produits dérivés, en parleront à leurs amis, qui likeront ça sur Facebook à leur tour, et... $$$... mais, au nom d'une saine créativité.

Avec le marketing interactif, la conception d'univers 2.0., les countdown to d'iTunes store, on prolonge maintenant la durée de vie d'un album, avant même son lancement. En effet, avant la sortie des singles voire de l'album lui-même en version complète, on assiste à des dévoilements progressifs d'albums sur le iTunes store, ce qui a pour effet de créer du buzz.

Du téléchargement illégal à la re-fidélisation des publics...
Avec l'avènement du téléchargement illégal de la musique, est que l'album musical en soi a perdu beaucoup de sa valeur marchande, en étant disponible sur le web souvent sans le consentement de l'artiste, et bien avant son lancement. On consommait et jetait la musique beaucoup plus rapidement de 2001 à aujourd'hui qu'il y a dix ans auparavant, car acquise trop facilement et de manière un peu plus froide et consumériste, la musique numérique acquise gratuitement perdait non seulement de son intérêt commercial... mais aussi artistique.

Le contrôle de l’industrie se reprend peu à peu, dans l'industrie musicale, avec un marketing nouveau et rafraîchissant et qui redonnera certes envie, à ceux qui ne voyaient plus l’intérêt d’acheter un album depuis l’ouverture de Napster, de se remettre à dépenser pour une musique enrichie, renouvelée et repensée pour des publics qui consomment différemment.

En un peu plus de dix ans, nous aurons fait le deuil du concept de posséder une copie physique d'un album musical, et nous serons passés à une logique où l'accès à des univers ou des expériences inédites nous intéresse davantage que de posséder. Nous passons à une ère de grande créativité, où le respect des artistes par la contribution financière des publics reviendra à la mode parce que les gens paieront non plus pour une "copie de", mais pour de l’accès à une valeur ajoutée qui leur fait du sens et leur paraît différenciéeunique et personnalisée.



mardi 28 juin 2011

Margie Gillis dans la mire de Sun News : l'Art n'est pas une perversion pécuniaire!

Qui de mieux pour remettre en question une industrie aussi prolifique, impressionnante et inspirante que celle des Arts et de la Culture, qu'une pouliche blonde (Krista Erickson) de la Fox News du Nord qui admet, en entrevue, et avant de devenir cinglante à l'égard d'une créatrice artistique de renom (Margie Gillis), que le sujet n'est pas sa cup of tea...
"C'est parce que tsé, chérie, t'avais pas besoin de le dire... on l'a compris, après cinq minutes d'entrevue, cocotte, tsé..."
-Madame Toutlemonde-Qui-Se-Fait-Souvent-Prendre-À-Tort-Pour-Une-Conne-
Fonds public + Art - Sun News = Bonheur!... mais, si seulement ils la fermaient!
Pour l'instant, Sun News ne commence qu'à peine son périple dans le paysage télévisuel canadien. Margie Gillis, chorégraphe renommée québécoise, est l'une des premières "victimes", dans le domaine des arts et de la culture, d'un mode de pensée droististe-dysfonctionnant-en-vase-clos et qui mènera sans aucun doute les arts et la culture à passer un mauvais quart d'heure sur la place publique. À quoi? À justifier leur existence et leur financement, devant des animatrices fendantes, condescendantes, populistes et soit-disant en droit d'exprimer leur opinion personnelle parce que des gens sont aussi d'accord avec elle... laissant croire à toute la population canadienne que Margie Gillis dilapide des fonds publics depuis 39 ans de carrière pour faire des zig-zags avec ses bras.
"Ça c'est de la réthorique, Ginèètte! Même moé j'ai passé mon cours Philosophie et Rationnalité au CÉ-HEP!"
-Chum de Madame Toutlemonde-Qui-Se-Fait-Souvent-Prendre-À-Tort-Pour-Une-Conne-Dont-On-Connaît-Maintenant-Le-Prénom-
Mais - bordel de merde - sommes-nous encore à l'ère d'établir l'utilité sociale et humaine et la crédibilité du domaine des arts et de la culture, après des siècles de mécénat artistique, de développement de cette industrie dont il n'est plus vraiment d'actualité de remettre en question l'existence? Mais, pire : en sommes-nous à donner la direction de ce débat par Krista Erickson de la Sun News? Oui, car semble-t-il, une grande noirceur #2 frappera bientôt le pays. Notre pays tout entier. Celui dont aimerait ne pas faire partie, plus souvent que parfois, en observant les divergences d'opinions entre la droite canadienne et la gauche québécoise. Habillons-nous tous de couleurs extrêmement vives prochainement, car la culture canadienne va en souffrir un coup, et comme nous sommes toujours différents du reste du Canada, il faut bien leur montrer que nous, ça nous atteint pas, leur sophistique médiatique à deux cents!

"Maudit qu'on est ben icitte, quand on check ça, hein! Nous autres on a Richard Martineau! HÉ QU'ON EST BEN HEIN! HEINNNNNNN!"
-Kekun de vraiment impertinent-

Mais, tant qu'à faire des débats à deux cents, voici my two cents...
Il y a clairement une différence entre l'ambition d'un artiste d'être un pionnier et un innovateur en matière de création, et un artistique qui désire faire la même chose en matière d'entertainment. Les deux ne visent pas le même objectif, n'ont pas le même processus créatif, les mêmes ressources financières et techniques, et ne font pas partie de la même structure économique.

L'un est financé et encouragé par les finances publiques, car il développe le champ de l'art, afin que se renouvellent et se démocratisent les pratiques, les modes de "consommation" des produits culturels; il est pour ainsi dire un investissement dans la culture, à très long terme, sans viser les retombées pécuniaires à court terme. C'est un investissement dans le capital humain. Cet art, ce n'est pas le fruit d'une entreprise privée : c'est un bien PUBLIC! On s'en fout des profits, ici, et c'est pour ça que le public intervient : le privé ne s'y intéresse pas, car le privé vise des intérêts financiers.

Mais, c'est ce qui semble dur à oublier, pour les pouliches blondes de la Fox News du Nord...

Si on fait des profits, au passage, lors d'un processus de recherche-création, c'est super, mais ce n'est pas nécessairement "plus profitable". On ne peut assujettir une "recherche" au profit financier : ce serait comme dire à un scientifique de garantir qu'il va trouver un remède contre le SIDA pour obtenir sa subvention de recherche. Garantir que vous allez inventer le prochain mouvement artistique lucratif du siècle pour obtenir votre subvention, c'est impossible, mais la recherche n'est pas vaine pour autant. La recherche sert des intérêts humains avant toute chose, et si elle génère du profit à long terme, tant mieux. Mais, à court terme, on n'y pense même pas. On en a rien à branler que les fonds publics soient utilisés pour la recherche, on est même ben contents, parce que sinon, y en aurait pas de culture.

Par contre, si l'on encourage de l'entertainment à se développer, il s'agit d'autre chose. Les conservateurs semblent mieux aimer et comprendre ce type d'art et son utilité. Quand on regarde leur discours sur la science, la théorie de l'évolution, on ne devrait pas se demander pourquoi ils sont aussi méfiants à l'égard de la "recherche", point. Pourquoi? Parce qu'ils Savent. Si on Sait, pas besoin de chercher.

Être contre l'Art non-capitaliste génère un problème de civilisation
La recherche de la connaissance et de l'expression humaine va toujours menacer les gens en quête d'Absolus et qui ont des idées arrêtées sur le monde. Je propose de les brûler. Ils contaminent notre air, avec leurs paroles sales. Où est-ce qu'on s'en va, si la liberté artistique et créative de l'Homme doit se limiter à une conception matérialiste de l'utilité des choses et des processus de la vie?

Donner à Margie Gillis, en toute légalité et conformité des politiques des CALQ et CALC, une somme d'un peu plus d'un million de dollars, sur 39 ans, c'est pas la fin du monde, considérant le "bagage" qui a été développé et qui demeurera dans l'histoire de l'art pendant des décennies voire des siècles. Voulez-vous le savoir, c'est quoi, la VRAIE fin du monde? La culture populaire a généré la téléréalité et les blockbusters-poubelle des six dernières décennies. Avec le budget d'UN blockbuster américain, et puisqu'on parle de fin du monde, prenons en exemple le film à sensation 2012, qui a été produit en 2009 pour la modique somme de 200 millions de dollars. Bien sûr, il s'agit de financement privé. Les américains, y s'arrangent, eux-hôtes! Mais, n'empêche-t-il, qu'en tant que civilisation, qu'avec une vision moins capitaliste des arts et un sens des priorités plus rafinné, on aurait pu permettre à près de 200 ARTISTES COMME MARGIE GILLIS D'AVOIR UNE CARRIÈRE PROLIFIQUE ET REMPLIE D'UNE DURÉE DE 40 ANS!

Dites-moi c'est quoi, le vrai drame, Krista Erickson? L'investissement public dans les arts ou votre liberté d'expression?
-Michaël Giguère-




Pour dénoncer la mécréante de Sun News, suivez les directives de la page facebook du Conseil Québécois du Théâtre (il faut aimer la page) 

Pour ceux qui n'ont pas suivi la récente polémique autour des propos de Krista Erickson de Sun News, voici quelques articles pour vous hérisser le poil des bras
-Margie Gillis piégée par SUN News | Richard Therrien, Cyberpresse
-La compassion de Sun TV News | Marc Cassivi, Cyberpresse
-Pauvres artistes! | Blogue de Richard Martineau, Canoë