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lundi 15 août 2011

Le MEA CULPA des réseaux sociaux!


Le MEA CULPA des réseaux sociaux : pour amusement ou prise de conscience radicale seulement!

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L'été 2011 a été l'occasion de multiples réalisations personnelles par rapport au phénomène culturel planétaire qu'est le réseautage social. Souvent synonyme d'un mal pour un bien, ou d'un bien pour plusieurs maux, les réseaux sociaux sont l'objet constant d'analyses et d'éloges diverses. On souligne rarement autant leurs côtés complètement absurdes et le caractère risible de certaines situations dont ils sont le premier instigateur. Voici donc, ce mois-ci, le MEA CULPA des réseaux sociaux. Libre à vous de vous reconnaître dans ce qui vous concerne. Libre à vous de ne pas vous sentir concerné par certaines lignes. Mais, surtout, libre à vous de rire de l'absurdité de certaines situations pouvant se produire tous les jours dans cet enfer de la surcommunication que sont les réseaux sociaux... 




Source : http://bit.ly/qY8Ivg





Oh Réseaux Sociaux, donnez-moi la force...

De tweeter et de partager dans l'adversité;
De surcommuniquer en toute inconscience;
D'aimer mes amis même s'ils n'en sont pas vraiment tous;
D'aimer mon prochain même s'il est le prochain à m'unfriender;
De tweeter dans le vide 90% du temps, même si je crois avoir écrit le tweet du siècle;
D'endurer les photos et vidéos de chats ainsi que les chaînes de statuts, même si secrètement j'aime ça;
De ne pas juger les gens se font des amis et en jouant à des jeux sociaux et qui qualifient cela de vie sociale
D'être unfriendé par des gens, car ils croient pouvoir me juger en toute objectivité;
De mener des discussions existentielles dans une fenêtre plus petite que mon front;
D'unfriender rapidement les gens qui m'écrivent des romans pour me raconter leur vie dès que je les accepte comme ami, sans me demander si ça m'intéresse;
De poster des statuts qui ne concernent que 1% de mes amis et qui sont répondus par tout le monde sauf eux;
D'aimer les réseaux sociaux, même si secrètement ça me fait dépenser 99% du temps que je leur consacre pour des conneries; 

Oh Réseaux Sociaux, pardonnez-moi... 

De vous aimer inconditionnellement, comme une drogue dont l'abus est aisé en cette ère du freemium;
De suivre des gens qui ne savent pas que j'existe et de penser que je pourrais devenir important et pertinent à leurs yeux en deux commentaires;
De penser que les gens sont authentiques sur les réseaux sociaux, alors qu'ils y sont maîtres de leur image;
De liker des choses pour sembler dans le coup;
De créer des pages Facebook en pensant qu'il s'agit d'une stratégie de médias sociaux;
De ne pas connaître encore la différence entre un groupe et une pafe Facebook;
De penser que les gens me percoivent sur le web comme je suis réellement, alors que mon image virtuelle est sans doute une construction parfaite de mon Idéal de Moi plutôt qu'une image de ce que je suis réellement; 
De me laisser juger par des gens qui ne m'ont jamais rencontré et qui pensent qu'ils commencent à me connaître assez pour ne plus avoir besoin de discuter;
D'accepter les friend requests de gens que je ne connais pas, mais qui veulent entrer en contact avec moi au point d'en faire un psychose relationnelle;
De juger la vie des gens par leur posts comme si c'était une représentation parfaite de la réalité;
De perdre mon temps à écrire de longs commentaires, alors que les gens se font très souvent une idée de ce que je viens de dire en regardant la longueur du texte et en lisant la dernière ligne;
De trop partager à propos de ce qui ne regarde ou n'intéresse personne;
D'avoir unfriendé des gens trop rapidement, en croyant qu'ils étaient contre moi;
De faire de ma vie une démocratie en consultant mes amis pour mes choix personnels avec l'application Facebook Questions;
D'être fermé d'esprit alors que je navigue dans un univers où les individualités n'ont pas le choix de s'entrechoquer quotidiennement;
D'être ce que je suis et de perdre mon temps à penser que les gens vont le percevoir ici;
De croire que l'établissement de qui je suis se fera avant tout sur les médias sociaux et non pas dans la réalité;
De croire que les médias sociaux sont une fin, et non un moyen;
De procrastiner sans fin en ta présence;
D'écrire un MEA CULPA des réseaux sociaux au lieu d'étudier pour mon examen..

Etc, ad vitam aeternam!



Des centaines de lignes pourraient encore être écrites... commentez et partagez!


Ah oui, et suivez-moi sur Twitter... à vos risques et périls ;)


N.B. Ceci n'est pas inspiré directement et complètement de mes propres expériences. Le "Je" qui y est employé n'est pas là pour ME représenter, mais PLUTÔT pour symboliser la personne qui parle ou qui peut se sentir concerné par la dite phrase.


dimanche 3 juillet 2011

Björk, Biophilia, iTunes store et stratégie de marketing interactif : #BIGWIN!

Dès 2001, avec l'introduction dans nos vies du iPod, la musique numérique a pris d'assaut l'industrie du disque, qui a vu son modèle économique remis en question par les nouvelles technologies d'échange et de partage (P2P), et depuis, par l'explosion du web social ou 2.0. Chez les artistes musicaux, cela a eu pour effet de remettre en question le processus de diffusion des créations musicales, et de l'enrichir sensiblement de nouvelles façons de vendre la musique, ou, plus précisément, de la partager au public...

Avec tous les gadgets introduits dans notre monde depuis une décennie, dans le monde musical, l'attrait marketing d'un artiste réside désormais dans sa capacité d'élaborer des expériences dérivées de sa musique. La simple écoute d'un CD à laquelle on s'adonnait principalement, il y a plus de 10 ans de cela, est morte. 

L'artiste internationale d'origine islandaise Björk est un bon exemple de cette nouvelle vague. Biophilia, le nouvel album de la chanteuse à paraître en septembre 2011, offrira de la musique créative, intelligente et contemporaine, mais tout un univers interactif relatif à chaque chanson de l'album. Une application mère nommée Cosmogony sera lancée par Björk et rendue disponible via le iTunes store en même temps ou avant le lancement de l'album complet, et nous pourrons télécharger, à partir de celle-ci, une application différente pour chaque nouvelle chanson releasée comme single.

Chaque application-chanson de Biophilia de Björk comprendra des contenus (jeux, essais, console à remixer, etc.) relatifs à chaque chanson releaséeenrichissant ainsi considérablement l'expérience habituelle d'écouter de la musique. Cela créera un véritable engouement et plaisir pour les fans les plus fidèles de l'artiste qui auront alors l'impression de se perdre positivement dans l'univers musical nouveau de la chanteuse... mais, pas uniquement par la simple écoute de musique. Tous les sens seront sollicités, pratiquement, dans ce type d'approche.

Au niveau cognitif, il s'agit d'une conception marketing puissante pour transmettre un message ou des valeurs reliées à un produit. On passe facilement, avec ce type de promo multisensorielle, d'un taux de rétention du message de 5-10% à 40%. L'interaction du public avec les contenus dérivés d'un album fidélise, monétise, et permet à l'artiste musical de s'émanciper en dehors de son créneau habituel. Cela lui permet d'aller chercher aussi beaucoup plus de revenus que par la vente de CDs ou d’albums numériques, car les applications ne sont pas autant piratables que les MP3. Mais, encore... la tactique ne vise pas tant le profit que d'augmenter l'engagement des fans envers l'artiste.

Du single au single, un parcours imprévisible...
Toutes ces nouvelles stratégies marketing décrites précédemment ont certainement comme objectif principal de permettre de mieux vendre le produit d'origine : l'album complet. L'idée d'un single nous paraissait de plus en plus farfelue, jusqu'à récemment (de même que la célèbre expression B-SIDE), mais elle revient présentement en force. On voit de plus en plus se rénover le marketing du disque depuis qu'iTunes permet la vente unitaire de toutes les chansons de tous les albums de tous les artistes de son store, qu'elles aient été releasées comme singles officiels ou pas. Cela a pour effet de rendre non obligatoire, pour apprécier le nouveau travail d'un artiste, de se procurer son album complet. On peut en obtenir des bribes, selon les extraits qui nous plaisent, et c'est précisément ce qui a fait revenir le single en force, dernièrement, avec l'avènement du marketing social et orienté vers la participation des publics : si on ne fait pas un marketing individualisant et différenciant les chansons, l'album se perd dans la concurrence plus originale.

Les artistes musicaux gagnent tout maintenant à créer des expériences dérivées du produit original, en mettant à profit les nouvelles technologies interactives et de réseautage social; et à en prolonger la durée de vie, en mettant à profit l'approche traditionnelle du single désormais généralisée à l'album au complet. Cela crée un produit dense, foudroyant d'intérêt et différencié. Ce qui rend possible la génération de revenus plus importants que par la seule vente de copies d'albums numériques...

Dans le cas de Biophilia, le contact avec la musique se fera, avant le lancement de l'album en septembre 2011, via les applications dérivées de Cosmogony. Le tout culminera avec le lancement de l'album et d'une tournée mondiale. Le virtuel deviendra de plus en plus réel, et incitera fortement ceux qui auront été enchantés à assister à l'un des nombreux concerts qui seront annoncées prochainement par Björk. Ils achèteront ses produits dérivés, en parleront à leurs amis, qui likeront ça sur Facebook à leur tour, et... $$$... mais, au nom d'une saine créativité.

Avec le marketing interactif, la conception d'univers 2.0., les countdown to d'iTunes store, on prolonge maintenant la durée de vie d'un album, avant même son lancement. En effet, avant la sortie des singles voire de l'album lui-même en version complète, on assiste à des dévoilements progressifs d'albums sur le iTunes store, ce qui a pour effet de créer du buzz.

Du téléchargement illégal à la re-fidélisation des publics...
Avec l'avènement du téléchargement illégal de la musique, est que l'album musical en soi a perdu beaucoup de sa valeur marchande, en étant disponible sur le web souvent sans le consentement de l'artiste, et bien avant son lancement. On consommait et jetait la musique beaucoup plus rapidement de 2001 à aujourd'hui qu'il y a dix ans auparavant, car acquise trop facilement et de manière un peu plus froide et consumériste, la musique numérique acquise gratuitement perdait non seulement de son intérêt commercial... mais aussi artistique.

Le contrôle de l’industrie se reprend peu à peu, dans l'industrie musicale, avec un marketing nouveau et rafraîchissant et qui redonnera certes envie, à ceux qui ne voyaient plus l’intérêt d’acheter un album depuis l’ouverture de Napster, de se remettre à dépenser pour une musique enrichie, renouvelée et repensée pour des publics qui consomment différemment.

En un peu plus de dix ans, nous aurons fait le deuil du concept de posséder une copie physique d'un album musical, et nous serons passés à une logique où l'accès à des univers ou des expériences inédites nous intéresse davantage que de posséder. Nous passons à une ère de grande créativité, où le respect des artistes par la contribution financière des publics reviendra à la mode parce que les gens paieront non plus pour une "copie de", mais pour de l’accès à une valeur ajoutée qui leur fait du sens et leur paraît différenciéeunique et personnalisée.



mardi 28 juin 2011

Margie Gillis dans la mire de Sun News : l'Art n'est pas une perversion pécuniaire!

Qui de mieux pour remettre en question une industrie aussi prolifique, impressionnante et inspirante que celle des Arts et de la Culture, qu'une pouliche blonde (Krista Erickson) de la Fox News du Nord qui admet, en entrevue, et avant de devenir cinglante à l'égard d'une créatrice artistique de renom (Margie Gillis), que le sujet n'est pas sa cup of tea...
"C'est parce que tsé, chérie, t'avais pas besoin de le dire... on l'a compris, après cinq minutes d'entrevue, cocotte, tsé..."
-Madame Toutlemonde-Qui-Se-Fait-Souvent-Prendre-À-Tort-Pour-Une-Conne-
Fonds public + Art - Sun News = Bonheur!... mais, si seulement ils la fermaient!
Pour l'instant, Sun News ne commence qu'à peine son périple dans le paysage télévisuel canadien. Margie Gillis, chorégraphe renommée québécoise, est l'une des premières "victimes", dans le domaine des arts et de la culture, d'un mode de pensée droististe-dysfonctionnant-en-vase-clos et qui mènera sans aucun doute les arts et la culture à passer un mauvais quart d'heure sur la place publique. À quoi? À justifier leur existence et leur financement, devant des animatrices fendantes, condescendantes, populistes et soit-disant en droit d'exprimer leur opinion personnelle parce que des gens sont aussi d'accord avec elle... laissant croire à toute la population canadienne que Margie Gillis dilapide des fonds publics depuis 39 ans de carrière pour faire des zig-zags avec ses bras.
"Ça c'est de la réthorique, Ginèètte! Même moé j'ai passé mon cours Philosophie et Rationnalité au CÉ-HEP!"
-Chum de Madame Toutlemonde-Qui-Se-Fait-Souvent-Prendre-À-Tort-Pour-Une-Conne-Dont-On-Connaît-Maintenant-Le-Prénom-
Mais - bordel de merde - sommes-nous encore à l'ère d'établir l'utilité sociale et humaine et la crédibilité du domaine des arts et de la culture, après des siècles de mécénat artistique, de développement de cette industrie dont il n'est plus vraiment d'actualité de remettre en question l'existence? Mais, pire : en sommes-nous à donner la direction de ce débat par Krista Erickson de la Sun News? Oui, car semble-t-il, une grande noirceur #2 frappera bientôt le pays. Notre pays tout entier. Celui dont aimerait ne pas faire partie, plus souvent que parfois, en observant les divergences d'opinions entre la droite canadienne et la gauche québécoise. Habillons-nous tous de couleurs extrêmement vives prochainement, car la culture canadienne va en souffrir un coup, et comme nous sommes toujours différents du reste du Canada, il faut bien leur montrer que nous, ça nous atteint pas, leur sophistique médiatique à deux cents!

"Maudit qu'on est ben icitte, quand on check ça, hein! Nous autres on a Richard Martineau! HÉ QU'ON EST BEN HEIN! HEINNNNNNN!"
-Kekun de vraiment impertinent-

Mais, tant qu'à faire des débats à deux cents, voici my two cents...
Il y a clairement une différence entre l'ambition d'un artiste d'être un pionnier et un innovateur en matière de création, et un artistique qui désire faire la même chose en matière d'entertainment. Les deux ne visent pas le même objectif, n'ont pas le même processus créatif, les mêmes ressources financières et techniques, et ne font pas partie de la même structure économique.

L'un est financé et encouragé par les finances publiques, car il développe le champ de l'art, afin que se renouvellent et se démocratisent les pratiques, les modes de "consommation" des produits culturels; il est pour ainsi dire un investissement dans la culture, à très long terme, sans viser les retombées pécuniaires à court terme. C'est un investissement dans le capital humain. Cet art, ce n'est pas le fruit d'une entreprise privée : c'est un bien PUBLIC! On s'en fout des profits, ici, et c'est pour ça que le public intervient : le privé ne s'y intéresse pas, car le privé vise des intérêts financiers.

Mais, c'est ce qui semble dur à oublier, pour les pouliches blondes de la Fox News du Nord...

Si on fait des profits, au passage, lors d'un processus de recherche-création, c'est super, mais ce n'est pas nécessairement "plus profitable". On ne peut assujettir une "recherche" au profit financier : ce serait comme dire à un scientifique de garantir qu'il va trouver un remède contre le SIDA pour obtenir sa subvention de recherche. Garantir que vous allez inventer le prochain mouvement artistique lucratif du siècle pour obtenir votre subvention, c'est impossible, mais la recherche n'est pas vaine pour autant. La recherche sert des intérêts humains avant toute chose, et si elle génère du profit à long terme, tant mieux. Mais, à court terme, on n'y pense même pas. On en a rien à branler que les fonds publics soient utilisés pour la recherche, on est même ben contents, parce que sinon, y en aurait pas de culture.

Par contre, si l'on encourage de l'entertainment à se développer, il s'agit d'autre chose. Les conservateurs semblent mieux aimer et comprendre ce type d'art et son utilité. Quand on regarde leur discours sur la science, la théorie de l'évolution, on ne devrait pas se demander pourquoi ils sont aussi méfiants à l'égard de la "recherche", point. Pourquoi? Parce qu'ils Savent. Si on Sait, pas besoin de chercher.

Être contre l'Art non-capitaliste génère un problème de civilisation
La recherche de la connaissance et de l'expression humaine va toujours menacer les gens en quête d'Absolus et qui ont des idées arrêtées sur le monde. Je propose de les brûler. Ils contaminent notre air, avec leurs paroles sales. Où est-ce qu'on s'en va, si la liberté artistique et créative de l'Homme doit se limiter à une conception matérialiste de l'utilité des choses et des processus de la vie?

Donner à Margie Gillis, en toute légalité et conformité des politiques des CALQ et CALC, une somme d'un peu plus d'un million de dollars, sur 39 ans, c'est pas la fin du monde, considérant le "bagage" qui a été développé et qui demeurera dans l'histoire de l'art pendant des décennies voire des siècles. Voulez-vous le savoir, c'est quoi, la VRAIE fin du monde? La culture populaire a généré la téléréalité et les blockbusters-poubelle des six dernières décennies. Avec le budget d'UN blockbuster américain, et puisqu'on parle de fin du monde, prenons en exemple le film à sensation 2012, qui a été produit en 2009 pour la modique somme de 200 millions de dollars. Bien sûr, il s'agit de financement privé. Les américains, y s'arrangent, eux-hôtes! Mais, n'empêche-t-il, qu'en tant que civilisation, qu'avec une vision moins capitaliste des arts et un sens des priorités plus rafinné, on aurait pu permettre à près de 200 ARTISTES COMME MARGIE GILLIS D'AVOIR UNE CARRIÈRE PROLIFIQUE ET REMPLIE D'UNE DURÉE DE 40 ANS!

Dites-moi c'est quoi, le vrai drame, Krista Erickson? L'investissement public dans les arts ou votre liberté d'expression?
-Michaël Giguère-




Pour dénoncer la mécréante de Sun News, suivez les directives de la page facebook du Conseil Québécois du Théâtre (il faut aimer la page) 

Pour ceux qui n'ont pas suivi la récente polémique autour des propos de Krista Erickson de Sun News, voici quelques articles pour vous hérisser le poil des bras
-Margie Gillis piégée par SUN News | Richard Therrien, Cyberpresse
-La compassion de Sun TV News | Marc Cassivi, Cyberpresse
-Pauvres artistes! | Blogue de Richard Martineau, Canoë



mercredi 22 juin 2011

Un blogue-kaléidoscope de l'exploration/création contemporaine

Vous avez été témoin de plusieurs refontes de ce blogue, dans les derniers mois. C'est un signe des temps, car plus que jamais ce blogue sera ciblé et dédié à des sujets de pointe concernant l'exploration et la création contemporaine. C'est pourquoi il a été renommé "États d'Art". Et vous êtes de plus en plus nombreux à me lire, et je vous écrit ici de manière un peu plus personnelle pour expliquer ce changement.


L'idée de davantage cibler autour de l'exploration/création m'est venu d'un désir profond d'apprécier les démarches créatives pour ce qu'elles sont : complexes et subjectives. Essayer de rendre un regard objectif sur de l'intangible aussi pur m'inspire, me captive, et, est un défi en soi, car on ne peut qu'aspirer à l'objectivité sans jamais s'y rendre parfaitement.

C'est donc dans un esprit de rejet de l'Absolu que je désire maintenant écrire, car les choses ne sont pas ce qu'elles sont. Elles sont ce que l'on perçoit. Les choses peuvent être des milliers de choses en même temps, si on les déconstruit dans le regard de chacun. J'ai toujours eu ce regard naïf sur les choses, et étant plus idéaliste il y a de cela un moment, j'ai appris à la dure que les Absolus n'existent pas.

Ainsi, sur ce blogue, quel que soit le sujet traité, je me contenterai de transmettre mes perceptions, en essayant d'être le plus objectif et analytique que possible, tout en ne proposant pas de façon unique de percevoir l'art ou la société. Je proposerai ma façon, en mettant parfois mon grain de sel, mais je voudrai avant tout vous faire découvrir, vous enchanter et vous inspirer par mes découvertes... ou vous faire réagir! Je vais ainsi essayer de trouver du contenu unique qui a plus de valeur que de simples "nouvelles" culturelles et artistiques. L'actualité pourra prendre une place importante, dépendant de l'humour du cours des choses...

États d'Art, ce sera un blogue de points de vues, de prises de positions sur l'art, la société, la culture, sur la complexité humaine et la façon de relier et comprendre les deux, dans différents contexte.

Dans un souci d'enrichir mes futurs billets, n'hésitez pas à poursuivre les discussions en commentant. J'essayerai de vous laisser des portes ouvertes... saisissez-les et exprimez-vous afin qu'on partage nos vues sur ce qui nous passionne vraiment.

samedi 11 juin 2011

Sally Paradise : AOUUiii! c’est cosmique!

Nous avons eu le plaisir de nous retrouver à La Baraque, ce samedi dernier, pour le lancement du disque Aouu!, premier de la formation Sally Paradise, groupe musical montréalais de plus en plus reconnu dans le créneau de la musique électro-rock « cosmique » et expérimentale.

La nouveauté Aouu! de Sally Paradise, album aux essences musicales et vocales éthérées, n’est pas sans rappeler le groupe islandais Sigur Rós. Mais, dans un style bien à eux, Sally Paradise offre un mélange de plusieurs styles sur son premier album – électro-rock, ambiantcosmiquepoprap, ska – un blend représentatif d’une recherche en pleine effervescence et d’une carrière musicale professionnelle qui commence à peine à s’amorcer.

Dans une ambiance très décontractée, intimiste et amicale, le groupe Sally Paradise a offert lors de son événement de lancement privé, à La Baraque, plusieurs chansons de ses précédents EP et du nouvel album Aouu!. Le groupe musical, installé debout, au milieu de lampes antiques dépareillées et clignotant de toutes les couleurs, a offert une performance sans grande prétention, avec trop de reverb dans les voix et dans les instruments, créant une atmosphère planante aux sonorités saturées et quasi assourdissantes. Le groupe est encore à travailler sa complicité sur scène, car il est d’une mouture récente. Mais, on leur pardonne, car ça promet…

À ce propos, la fondatrice du groupe musical Catherine Debard nous a raconté qu’il y a eu plusieurs formations différentes avant d’en arriver à celle-ci. Selon elle, la formule actuelle est gagnante, et bien sûr, elle espère qu’ils pourront ensemble poursuivre leur voyage musical vers de nouvelles contrées cosmiques inconnues, mais apprivoisables, tel l’Adolescent Loup, titre qui ouvre leur album.

La Baraque est un lieu de performance et d’événements privés spontanés créés sur mesure au gré de diverses associations entre créateurs indépendants et la directrice artistique et propriétaire du lieu, Noémie Guérin-Gosselin. Véritable maison centenaire ayant conservé un cachet très rétro et XIXe siècle, La Baraque est un lieu propice à la créativité, et où toutes les expérimentations et exubérances artistiques sont permises. À condition de s’adapter à « la maison » et non le contraire…



Crédit photos : Michaël Giguère
Autre(s) critique(s) d’albums :

Sally Paradise

La Baraque

Valises @Aux Écuries : un livre qui peine a s'ouvrir

Matérialité et virtualité finiront un jour par se fondre l'une dans l'autre pour débloquer le potentiel narratif énorme de cette performance théâtrale. En attendant, VALISES de la compagnie théâtrale Blitz d’Axes devra continuer de développer son rapport à un médium complexe, mais aux possibilités infinies. Critique d’une « transposition de BD » à la scène.

Valises de la compagnie Blitz d’Axes est une courte performance théâtrale durant au plus 60 minutes illustrant la quête du Graal et l’avidité qui s’y rattache. Mélangeant réalité et virtualité dans un rapport parfois inégal, monotone et mal synchronisé, où la symbiose recherchée par ses créateurs ne se manifeste que quelques secondes pendant l’heure que dure la représentation, Valises ne livre pas la marchandise. Enfin, pas assez pour nous faire oublier les images fixes et les animations 2D aux tons mornes malheureusement très récurrentes et qui donnent peu de couleur à une narration déjà très absente…

Par ailleurs, le rendu BD de la performance théâtrale Valises n’était vraiment pas du tout à ce quoi l’on pouvait s’attendre. L’usage des mots « transposition d’une BD » dans la publicité de la performance devrait être révisé. On peut, tout au moins, penser que la performance est inspirée du découpage ou de l’histoire d’une BD précise. Mais, l’effet de transposition du livre à la scène, lui, n’est souvent rappelé que par le cadre à neuf cases qui compose essentiellement l’espace scénographique.

Pendant Valises, on se promène davantage dans un univers d’images fixes où les animations sont grossières, et où la qualité de l’ensemble laisse assez indifférent. L’animation très aplatie et les images fixes nous renvoient néanmoins aux BD, qui elles, ne sont pas animées, mais, où est l’intérêt de transposer à la scène sans harmoniser les médiums dans une dynamique symbiotique, rafraîchissante et innovatrice? De plus, l’histoire mise en scène semble bourrée d’ellipses par rapport à la BD originale, réduisant le récit narratif à sa plus simple expression, ne faisant pas, là non plus, de coup d’éclat

Le plus geek des « théâtreux » ou des bédéphiles ne sera probablement pas satisfait par la performance théâtrale Valises dans son état actuel, dû au manque de narrativité, d’une réelle présence narrative technologique efficace, et faute d’une interactivité humain-écran vraiment originale. Après deux ans dework in progress sur cette performance, Blitz d’Axes pourrait offrir davantage à son public, ou revenir au format original de 30 minutes, plus condensé et probablement moins répétitif que celui présentement à l’affiche.

mardi 7 juin 2011

Mutek @ Piknik Électronik : deejaying on the fly!

À l’événement MUTEK @ PIKNIC ÉLECTRONIK présenté pour la 12e édition du festival international de créativité numérique et de musiques électroniques MUTEK, l’électricité nocturne, musicale et visuelle des premières nuits endiabléesmutekiennes de juin s’est photosynthétisée sous le ciel dégagé et le soleil chaud du Parc Jean-Drapeau de Montréal, permettant un refill momentané de vitamine D. Ce fut l’occasion pour MUTEK, leurs DJs et leurs fans de se réconcilier avec le PIKNIC et Mère Nature.
Dès 14h, la scène principale commence à se survolter avec plusieurs petits sets spontanés comprenant les duos français Alex & Laetitia de Katapult et Le K. Mais, il est encore trop tôt pour danser. Les gens se promènent sur le site, mangent, discutent, prennent un verre, pique-niquent… ou arrivent plus tard. Malgré tout, plusieurs se massent déjà devant la scène principale pour ne manquer aucun des faits et gestes des premiers DJs.
Vers 15h, la scène Guru s’énergise avec l’américain Sutekh qui prend le contrôle de l’ambiance principale de cette fin d’après-midi sur le bord de l’eau. Les gens sont encore relax, mais s’entassent graduellementIls se lèveront pour le populaire et apprécié DJ britannique James Holden, suivant à 17h.
À 17h, des gens s’entassent encore à la scène principale pour entendre le duo montréalais Flabbergast, rarement de passage à Montréal. « Ils sont très présents en Europe, mais rarement ici, ironiquement. Ils offrent surtout des performances spontanées, des jams live, lorsque l’occasion de présente alors qu’ils sont de passage à Montréal », nous a raconté Dimitri Nasrallah*campaign manager pour l’édition MUTEK 2011, et travaillant pour l’organisation depuis leurs tout débuts en 2003. « Guillaume Coutu-Dumont et Vincent Lemieux(Flabbergast) sont très talentueux […] et leur présence spontanée à Montréal cadre très bien avec l’esprit de l’événement MUTEK @ PIKNIC d’aujourd’hui […] car ayant eu de la pluie pendant les cinq dernières années à tous les MUTEK @ PIKNIC, nous ne voulions pas trop booker un lineup de DJs d’avance et être plus spontanés dans notre programmation […] », nous explique-t-il. « La météo a trop déçu de fans et de DJs dans les dernières années, mais aujourd’hui, les plus spontanés pourront ouvrir leur DJ case et spinner leurs chansons favorites. They’ll be deejaying on the fly! », rajoute-t-il.
En effet, jusqu’à 21h30, le lineup de DJs de MUTEK @ PIKNIC comprendra plusieurs petites surprises musicales. Comme Dimitri Nasrallah nous a également fait part en début de journée, ce ne sont pas les sets habituels qui seront joués aujourd’hui. On pourra entendre, par ci et par là, quelques extraits de chansons bien connues, au choix des DJs et des programmeurs. En début de soirée, nous avons par exemple pu reconnaître Everything in its right place de l’album KID A de Radiohead, remixée par Sety & Mossa, duo américain suivant Flabbergast et James Holden. Nous avons aussi entendu quelques tubes des années 90 dont les noms nous échappaient…
Mais, enfin, on va à MUTEK @ PIKNIC surtout pour s’amuser, déconnecter, être dans le moment présent, apprécier les paysages sonores et naturels, sentir les vibrations de basses grasses dans le sol, et se laisser extasier par quelques moments d’absence mentale. Au diable les années 90, let’s just dance!
Autre(s) article(s) relatif(s) à ce sujet

Site officiel du Festival Mutek
Site officiel du Piknic Electronik 
*Les propos de Dimitri Nasrallah ont fait l'objet d'une traduction libre de l'auteur de cet article. 


Crédits photo : Vincent Dhulster