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lundi 23 mai 2011

Lady Gaga : une diva cosmo-électro au métal hurlant

Six heures à peine après la fin du monde annoncée par l’animateur de radio américain Harold Camping (à laquelle personne ne croyait vraiment, est-il inutile de mentionner?), le tout nouvel album de l’excentrique Lady Gaga a été mis officiellement en ligne sur le site iTunes. Coïncidence ou signe de la fin des temps? On saura, semble-t-il, dans cinq mois. D’ici là, peut-être que la diva cosmo-électro et mère de tous les monstres (mother monster, comme elle se plaît à se nommer) entamera une ultime tournée apocalyptique se terminant au solstice d’hiver 2012? Elle pourrait nous surprendre…

Outre les prophéties de fin du monde du moment, une chose est certaine, le nouvel opus Born This Way de la chanteuse américaine ne laissera personne indifférent, et surtout pas le plus fervent des catholiques, car Gaga exploite la symbolique religieuse de plus en plus dans ses mots et ses spectacles; ce qui n’est pas sans rappeler une certaine madone ayant jadis fait pas mal jaser...
Lady Gaga flirte également, dans ses nouvelles compositions – 17 au total, plus 5 remix – avec les thématiques de l’amour, de la fête, de la danse, de la célébrité, de l’amitié, des problèmes de cheveux... Rien qui ne nous dépayse par rapport à The Fame (2008) et The Fame Monster (2009).
Enfin, comme on l’avait déjà constaté, à la sortie du premier simple éponyme, la thématique centrale de l’album Born This Way est celle de l’expression et de l’acception de soi et de la différence chez l’autre. On avait alors reproché à la chanteuse d’avoir plagié avec cette chanson le tube Express Yourself (1989) de Madonna, malgré que la chanson de Gaga se soit vite retrouvée au sommet des palmarès, car il s’agit d’un tube monstre, un ver d’oreille transmettant de manière contagieuse l’envie de danser et de crier sa différence de la chanteuse.
Sinon, le deuxième simple, Judas, est celui qui a mis le feu aux poudres de controverses religieuses, avec des paroles comme « Jesus is my virtue, Judas is the demon I cling to » ou « I’ll wash his feet with my hair if he needs » et un vidéoclip à l’iconographie religieuse évidente. Encore une fois, on a accusé Gaga de jouer dans les plates-bandes de Madonna.
Mais, depuis quand Madonna a-t-elle le monopole du traitement de la symbolique religieuse dans la culture pop musicale? Ce que Gaga semble dire, par son audace, c’est que ce n’est pas une vidéo avec des crucifix en feu et un saint noir, et une publicité de Pepsi controversée datant de plus de deux décennies, qui vont l’empêcher d’exprimer ses visions sur la religion. Est-ce le signe que Gaga est de la trempe de Madonna, et qu’elle l'affirme en se donnant justement la chance de transgresser le territoire que la pop mondiale avait réservé à la star depuis longtemps? L’avenir nous le dira.
Néanmoins, Gaga ne cache pas ses influences madoniennes et s’en sert bien, depuis le début de sa carrière, et cette comparaison l’avantage plus en ce moment qu’elle avantage Madonna qui, après un deuxième divorce et un dernier album relativement passé inaperçu, n’a pas sorti d’album depuis que Gaga trône au sommet des palmarès. S’il y en a une en retard dans la parade de la pop actuelle, c’est bien Madonna, qui plus est, n’a pas encore démontré qu’elle était tout à fait à jour en matière de promotion et de marketing 2.0.
Enfin, tout ceci, et presque pas un mot sur le nouvel album Born This Way de Lady Gaga, car de toute évidence, un peu comme pour Madonna à l’époque, l’attention n’est jamais véritablement centrée sur le produit principal : la musique. Sans révolutionner la musique pop, elles vont toutefois faire oublier tout sauf leurs chansons, prétexte sous lequel nous ne les aurions jamais connues.
Born This Way est un album qui pourra plaire, par ses mots, au plus boutonneux des adolescents comme à l’adulte cherchant un sens à sa vie, autant qu’à celui qui aime danser sans écouter ni comprendre ce dont parle la chanteuse.
Le troisième opus de la chanteuse demeurera toutefois mémorable pour ce qui a d’intéressant dans le paysage musical actuel : jamais un album pop aura été aussi dense, dansable, dance, contemplatif, maniaco-dépressif, country, obsessif-compulsif, techno underground, électro, contemporain, rétro et psychédélique au même moment. L’écoute répétitive de cet album survolte l’esprit, exalte les sens, donne envie de danser, de crier, de se lancer un verre d’eau au visage pour se calmer. L’énergie phonique de l’artiste est complètement exaltée, du début à la fin de l’album, ce qui rend agressif ou énergique, au bout d’un moment. C’est selon.
Born This Way fait tout sauf laisser indifférent, et vu le grand nombre de chansons, il y en a véritablement pour tous les goûts. À acheter ou à télécharger immédiatement sur iTunes, avant d’aller brûler en Enfer!





Autre(s) critique(s) d'album(s)

mardi 3 mai 2011

Lady Gaga, "Oui, je le veux", Mort d'un ennemi de l'Occident et Électrochoc politique

Je ne devrais plus attendre pour écrire, vous voyez ce que ça donne comme titre de chronique. Néanmoins, cela me donne l'avantage d'être sûr d'avoir quelque chose à dire, et puisque je veux écrire de manière de plus en plus factuelle et right to the point, je crois que cette chronique sera un bon exercice.

D'abord, les nouvelles récentes qui m'ont abasourdi.

Électrochoc politique
Je résumerais la situation des Libéraux et du Bloc Québécois en un mot : harponnage. C'est avec une majorité solide, vous le savez, que les Conservateurs de Stephen Harper ont remporté les 41e élections fédérales d'hier. Or, c'est également ce jour-là qui a vu le NPD devenir, pour la première fois de son histoire une opposition officielle forte, prenant la place que les Libéraux occupaient depuis 2004. Mais, le plus gros coup de harpon porté aux Libéraux et au Bloc Québécois hier n'est pas uniquement calculable en termes de comtés perdus ou de rejet au profit des Conservateurs ou du NPD : il s'agit de la mort symbolique des deux partis, causée par la non réélection des chefs respectifs du PLC et du BQ dans leurs comtés.

Qui a dit que la politique canadienne était platte?

Personnellement, je ne vous cacherai pas que je fais partie de la vague orange qui a déferlé sur le Québec. J'ai voté davantage pour un député inconnu du NPD - qui n'a malheureusement pas gagné contre Louis Plamondon, dans la forteresse bloquiste de ma ville Sorel-Tracy - que pour un député reconnu, ce qui n'a malheureusement (pour moi) pas conduit mon candidat NPD à la victoire. Néanmoins, je considère avoir gagné mes élections, car je voulais une majorité de NPD au Québec et je voulais que ce parti soit dans l'opposition officielle canadienne.

Maintenant, on doit laisser la chance aux coureurs. Beaucoup de jeunes recrues vont emmener un vent de changement au Parlement, mais cela ne se fera pas sans que le NPD encadre bien ses nouveaux députés et s'oriente vers une nouvelle stratégie. J'ai hâte de voir, néanmoins, ce qui va se produire du côté des Libéraux, du Bloc Québécois et de l'impact de ces élections sur la politique québécoise : va-t-on assister à un renforcement du Parti Québécois et du mouvemement souverainiste, à la déconfiture de Charest, à la fusion du NPD et du Parti Libéral?

Tout est possible!


Mort d'un ennemi de l'Occident
Tout est bien qui finit bien : "il est mort, le sacrement", me suis-je dit, sur mon sofa, dimanche soir, en me remémorant comment j'avais appris que le monde "ne serait plus jamais pareil", à l'âge de 16 ans. Il y a 10 ans, on vivait tous un événement tragico-historique. Probablement un des plus troublant et inquiétant de notre histoire récente, et sans aucun doute à l'origine des quelques conflits prolongés depuis ce temps au Moyen-Orient. Cet événement fut aussi la racine d'une xénophobie montante et de problématiques diverses impliquant les communautés culturelles musulmanes partout dans le monde. La Commission Bouchard-Taylor aurait-elle existé sans le 11 septembre? Pas sûr!

Néanmoins, maintenant, avec une social démocratie canadienne plus forte, et avec la mort de l'ennemi public et symbolique numéro un des États-Unis depuis 10 ans, on peut, avec un peu plus de légèreté, penser à un avenir moins inquiétant. Mais, peut-être pas : si la majorité Conservatrice canadienne devait être contestée au Québec par un gouvernement péquiste en 2013, puis par un référendum sur la souveraineté après 2013, peut-être que l'armée canadienne entrerait sur notre territoire RIGHT AWAY et nous mettrait à feu et à sang, advenant que l'option OUI gagnait?

Tout est possible!

"Oui, je le veux"
J'ai succombé à la vague de kétainitude à laquelle bien des gens ont succombé partout dans le monde (plus de deux milliards!) Non, je ne me suis pas levé à 4h30 AM pour voir la cérémonie en direct, mais j'ai volontiers regardé l'émission spéciale sur le mariage du Prince William et de Catherine "Kate" Middleton à la télévision de Radio-Canada que j'avais enregistrée. Bon, j'ai quand même sauté les longueurs et le "parlage de robe" qui n'en finissait plus, mais j'ai tout de même apprécié la cérémonie. Simple, légère (comparativement à Diana et Charles, on s'entend qu'un mariage royal n'a rien de léger comparativement à celui de mes parents à l'Église Saint-Dominique de Jonquière dans les années 80!) Mais, bon, tout comme j'ai observé avec fascination dans le passé les couvertures médiatiques du passage à l'an 2000, de la mort de Lady Diana, des attentats du 11 septembre 2001, etc., j'ai suivi cet événement pour le simple plaisir d'assister à un autre moment d'histoire. La tradition monarchique britannique ne me fait pas "tripper" personnellement, mais je trouve que c'est un phénomène culturel intéressant à voir évoluer, de nos jours, malgré tout ce qui a été érigé dans notre monde pour contrer les monarchies au fil des derniers siècles. Les britanniques sont créatifs, fiers et patriotes, pour entretenir une telle tradition, mais ils ont aussi des coûts de loyers exorbitants. Londres 2012 ne les aidera vraiment pas. Il y aura un prix à payer, un jour, pour toutes ces dépenses et pour la réduction de la qualité de vie de la population à court terme.

Gaga oulala!
Oulala! C'est le mot. J'ai ADORÉ la performance de Lady Gaga du lundi 25 avril dernier au Centre Bell à Montréal. Malgré un retard de près d'une heure et demie, Lady Gaga s'est pointée, plus en forme que jamais, et a littéralement survolté le public en entier, les faisant vite oublier qu'ils l'injuriaient deux minutes avant pour son retard. Personne n'est demeuré indifférent, tout au long de ce spectacle (du moins, autour de moi), à la performance de l'artiste, qui est une véritable métamorphe de la musique populaire. Le Monster Ball tourne depuis déjà près de deux ans, et c'était à Montréal que l'aventure avait commencée en 2009. C'était presque le spectacle clôture de cette tournée phare de l'artiste et qui lui a permis d'acquérir le titre de Mother Monster.

Enchaînant changements de costumes, vidéos, tubes pop bonbons trop sucrés et quelques album tracks moins connues néanmoins très rythmées, Lady Gaga en a vraiment épaté plus d'un. Ce qui m'a le plus surpris est la grande générosité de l'artiste quand vient le temps de monologuer à son public. Étirant parfois ses discours jusqu'à 10 minutes, la mère de tous les monstres n'était toutefois pas banale, mais plutôt très intéressante à écouter. Ses principaux messages lancés au public semblaient sincères et les sujets gravitaient autour de la liberté d'expression, de son amour pour son public, de la possibilité de tous les individus d'être eux-mêmes peu importe leurs différences, bref, de l'espoir. À chaque fin de phrase ou presque, Gaga recevait des tonnes d'applaudissements, preuve que ses fans sont véritablement réceptifs à ses pensées et à son amour. Il faut dire que la madame en reçoit pas mal aussi, mais l'Ego de star qu'on aurait pu croire que Gaga a n'est vraiment pas comparable à celui des Madonna ou Britney Spears de ce monde qui font parfois leur spectacle en entier sans glisser davantage entre leurs chansons qu'un "Hi Montreal". Vraiment, je trouve ce genre de comportement déplorable et insultant de la part d'artistes envers leur public qui paie souvent l'équivalent de la moitié d'un mois de leur salaire pour aller les voir. Lady Gaga ne tombe pas dans le piège de se penser trop importante pour ne pas avoir à discuter avec ses "pauvres fans"... et c'est tout à son honneur.

Sinon, les clous du spectacle ont évidemment été l'enchaînement, à la toute fin du spectacle, de Alejandro, Poker Face, Bad Romance et Born this way, nouveau simple de l'artiste qui avait déjà été joué pendant la soirée de manière acoustique et vocalement tout en beauté. Le public était en feu en voyant Gaga revenir sur scène habillée comme lors des derniers Grammy Awards pour interpréter son nouveau tube. Il ne reste plus qu'à attendre de voir ce que l'artiste prépare comme tournée suite à la sortie de son nouvel album, du même nom que le simple, le 23 mai 2011. Elle nous a promis, lors du spectacle, une tournée grandiose et plus grande que le Monster Ball. D'ici là, on peut voir Gaga sur HBO ce samedi, pour la finale de sa tournée à Mexico City, et sur YouTube plus que jamais puisque l'artiste a atteint le milliard de vues pour la vidéo de Bad Romance. Néanmoins, l'artiste a beau être la reine du 2.0., elle devra demeurer consistance pour le demeurer, car le jeune Justin Bieber la talonne de très près dans cet univers qui l'a lui-même propulsé vers la gloire.

Enfin, le monde de la musique populaire est fascinant, intriguant et résolument intéressant avec cette nouvelle artiste dans le décor. Je ne peux pas attendre la sortie de son nouvel album sans une certaine hâte et sans croire que le public sera gagné d'avance.

Rien n'est impossible, non?