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vendredi 27 mai 2011

Art Neuf : lieu phare du théâtre amateur montréalais

L’organisme Art Neuf est un secret bien gardé des Montréalais, car il réside au milieu d’un de leurs îlots de verdure préférés : le Parc La Fontaine. Pourtant fondé et logé au Centre Culturel Calixa-Lavallée depuis 1985, Art Neuf soutient la création artistique amateur depuis tout ce temps et célèbre maintenant son deuxième Festival de Théâtre Amateur d’Art Neuf (FTAAN).
« La 2e édition du Festival de Théâtre Amateur d’Art Neuf se tiendra du 24 au 29 mai dans la salle Paul-Buissonneau au Centre culturel Calixa-Lavallée. Mme Hélène Bourgeois-Leclerc est la marraine du FTAAN pour la deuxième fois », annonce dans son communiqué la coordonnatrice du FTAAN, Linda Venne. Fière de voir son festival revenir pour une deuxième année, elle rajoute que « lors de la cérémonie d’ouverture le 24 mai, Mme Helen Fotopulos, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine remettra le Prix Paul-Buissonneau ». Ce prix soulignera, en fait, la contribution remarquable d'une personne, d'une troupe ou d'un organisme au développement et à l’effervescence du théâtre amateur à Montréal. Ce n’est pas rien, car on y récompensera les futurs visages que l’on verra bientôt sur nos téléviseurs, écrans d’ordinateurs et de cinéma.
Le prix Paul-Buissonneau porte le nom de la salle d’Art Neuf qui elle, porte depuis la première édition du FTAAN, le nom du célèbre acteur et metteur en scène québécois d’origine française. Une cérémonie avait alors été organisée pour souligner la consécration d’Art Neuf comme lieu montréalais d’importance pour le théâtre amateur. Hélène Bourgeois-Leclerc, actrice et comédienne bien connue et appréciée des québécois, rayonnante de son énergie habituelle, était présente lors de ce baptême important pour l’avenir des planches artneuviennes.
La salle Paul-Buissonneau, portant jadis le nom de code « R4 » signifiant « local #4 du Rez-de-chaussée », est devenue en peu de temps un lieu reconnu et centré autour de la création théâtrale amateur. Elle ne passe plus inaperçue, autant pour son nom que pour la vie culturelle riche qui s’y passe, à l’ombre des plus gros arbres montréalais. Elle est souvent disponible pour des petits événements, mais très populaire, et c’est compréhensible, vu son prix franchement abordable pour les artistes amateurs. Il en est de même pour les locaux de pratique d’Art Neuf, situés au deuxième étage du Centre Culture Calixa-Lavallée, qui peuvent être loués presque pour des peanuts à l’heure. Mais, la créativité et la tranquilité sont toujours au rendez-vous, dans ce vieux bâtiment municipal des plus inspirants et faisant partie intégrante du patrimoine montréalais.
À la mi-août, ne manquez pas la programmation des cours d’art de l’automne qui sera disponible sur le site web ou au centre. Formation de qualité et franchement abordable pour tout amateur.
Crédit Photo : Anne-Évangéline Leblanc

lundi 23 mai 2011

Lady Gaga : une diva cosmo-électro au métal hurlant

Six heures à peine après la fin du monde annoncée par l’animateur de radio américain Harold Camping (à laquelle personne ne croyait vraiment, est-il inutile de mentionner?), le tout nouvel album de l’excentrique Lady Gaga a été mis officiellement en ligne sur le site iTunes. Coïncidence ou signe de la fin des temps? On saura, semble-t-il, dans cinq mois. D’ici là, peut-être que la diva cosmo-électro et mère de tous les monstres (mother monster, comme elle se plaît à se nommer) entamera une ultime tournée apocalyptique se terminant au solstice d’hiver 2012? Elle pourrait nous surprendre…

Outre les prophéties de fin du monde du moment, une chose est certaine, le nouvel opus Born This Way de la chanteuse américaine ne laissera personne indifférent, et surtout pas le plus fervent des catholiques, car Gaga exploite la symbolique religieuse de plus en plus dans ses mots et ses spectacles; ce qui n’est pas sans rappeler une certaine madone ayant jadis fait pas mal jaser...
Lady Gaga flirte également, dans ses nouvelles compositions – 17 au total, plus 5 remix – avec les thématiques de l’amour, de la fête, de la danse, de la célébrité, de l’amitié, des problèmes de cheveux... Rien qui ne nous dépayse par rapport à The Fame (2008) et The Fame Monster (2009).
Enfin, comme on l’avait déjà constaté, à la sortie du premier simple éponyme, la thématique centrale de l’album Born This Way est celle de l’expression et de l’acception de soi et de la différence chez l’autre. On avait alors reproché à la chanteuse d’avoir plagié avec cette chanson le tube Express Yourself (1989) de Madonna, malgré que la chanson de Gaga se soit vite retrouvée au sommet des palmarès, car il s’agit d’un tube monstre, un ver d’oreille transmettant de manière contagieuse l’envie de danser et de crier sa différence de la chanteuse.
Sinon, le deuxième simple, Judas, est celui qui a mis le feu aux poudres de controverses religieuses, avec des paroles comme « Jesus is my virtue, Judas is the demon I cling to » ou « I’ll wash his feet with my hair if he needs » et un vidéoclip à l’iconographie religieuse évidente. Encore une fois, on a accusé Gaga de jouer dans les plates-bandes de Madonna.
Mais, depuis quand Madonna a-t-elle le monopole du traitement de la symbolique religieuse dans la culture pop musicale? Ce que Gaga semble dire, par son audace, c’est que ce n’est pas une vidéo avec des crucifix en feu et un saint noir, et une publicité de Pepsi controversée datant de plus de deux décennies, qui vont l’empêcher d’exprimer ses visions sur la religion. Est-ce le signe que Gaga est de la trempe de Madonna, et qu’elle l'affirme en se donnant justement la chance de transgresser le territoire que la pop mondiale avait réservé à la star depuis longtemps? L’avenir nous le dira.
Néanmoins, Gaga ne cache pas ses influences madoniennes et s’en sert bien, depuis le début de sa carrière, et cette comparaison l’avantage plus en ce moment qu’elle avantage Madonna qui, après un deuxième divorce et un dernier album relativement passé inaperçu, n’a pas sorti d’album depuis que Gaga trône au sommet des palmarès. S’il y en a une en retard dans la parade de la pop actuelle, c’est bien Madonna, qui plus est, n’a pas encore démontré qu’elle était tout à fait à jour en matière de promotion et de marketing 2.0.
Enfin, tout ceci, et presque pas un mot sur le nouvel album Born This Way de Lady Gaga, car de toute évidence, un peu comme pour Madonna à l’époque, l’attention n’est jamais véritablement centrée sur le produit principal : la musique. Sans révolutionner la musique pop, elles vont toutefois faire oublier tout sauf leurs chansons, prétexte sous lequel nous ne les aurions jamais connues.
Born This Way est un album qui pourra plaire, par ses mots, au plus boutonneux des adolescents comme à l’adulte cherchant un sens à sa vie, autant qu’à celui qui aime danser sans écouter ni comprendre ce dont parle la chanteuse.
Le troisième opus de la chanteuse demeurera toutefois mémorable pour ce qui a d’intéressant dans le paysage musical actuel : jamais un album pop aura été aussi dense, dansable, dance, contemplatif, maniaco-dépressif, country, obsessif-compulsif, techno underground, électro, contemporain, rétro et psychédélique au même moment. L’écoute répétitive de cet album survolte l’esprit, exalte les sens, donne envie de danser, de crier, de se lancer un verre d’eau au visage pour se calmer. L’énergie phonique de l’artiste est complètement exaltée, du début à la fin de l’album, ce qui rend agressif ou énergique, au bout d’un moment. C’est selon.
Born This Way fait tout sauf laisser indifférent, et vu le grand nombre de chansons, il y en a véritablement pour tous les goûts. À acheter ou à télécharger immédiatement sur iTunes, avant d’aller brûler en Enfer!





Autre(s) critique(s) d'album(s)

samedi 21 mai 2011

L’Ensemble Vocal Les Nanas : entre légèreté et autodérision


Les demoiselles friandes d’harmonie lyrique de l’Ensemble Vocal Les Nanas ainsi que Jacques Lachapelle, directeur musical et co-fondateur de l’ensemble ont une complicité bien intégrée. Malgré le jeune âge de l’organisation montréalaise, Les Nanaset leur pôle masculin prennent en assurance, en qualité et en popularité, d’année en année.
Le groupe vocal donnait le samedi 14 mai dernier la première de deux représentations de leur quatrième concert annuel Ces petits riens, enchaînant tour à tour des succès jazz hispanophones et anglophones, mais surtout francophones, des années 40, 50 et 60.
Rien de plus, mais rien de moindre… car c’est devant une Sala Rossa bondée – dont on avait enlevé la majorité des tables qu’il y avait l’an passé à pareille date, pour accueillir plus de spectateurs – que Les Nanas ont fait leur entrée. S’enchaîne alors un répertoire jazz populaire éclectique, parfois interprété avec des influences de la musique gospel ou française, la majorité du temps sans soliste, mais toujours en légèreté.
Des chansons de Tina TurnerPierre Lapointe,Ariane MoffattAretha FranklinThe EaglesCole PorterCatherine Major et Serge Gainsbourg ont entre autres été interprétées, de manière sobre et fidèle au répertoire de ces artistes. Quelques chansons ont néanmoins été réinterprétées et réarrangées par Jacques LachapelleVincent Morelet Sylvain Bertrand, offrant au public une différente vision de ces classiques, parfois même… humoristique.
Le public se rappellera en effet longtemps de la réinvention de la chanson C’est beau un homme deShirley Théroux, dont la majorité des paroles avait été réécrite par un Jacques Lachapelle désirant rendre hommage à son petit-ami, assis dans la salle, dont c’était l’anniversaire ce soir-là. « Il est beau mon homme, il est sexy mon homme...», l'a-t-on entendu affirmer, pendant le refrain de ce grand classique, au très grand d'un public visiblement très gay friendly.
Étant effectivement un être dont l’orientation sexuelle ne semble plus être un secret pour personne et dont l’ego semble aussi gros qu’un trou de souris,Jacques Lachapelle a fondé avec Sylvie Bourbonnière l’ensemble vocal dans la foulée des premiers (et derniers, doit-on souligner) Outgames mondiaux, à Montréal, en 2006. « Je suis très fier de cet ensemble, particulièrement parce qu’il répond à une clientèle moins visible dans la communauté gaie et lesbienne. Plusieurs bars pour hommes existent, plusieurs activités sont offertes aux hommes, mais peu aux femmes », affirme le directeur musical de l’ensemble. Bien que L’Ensemble Vocal Les Nanas a été fondé dans l’esprit d’offrir quelque chose à la communauté lesbienne montréalaise, ce dernier souligne toutefois que le « chœur se veut ouvert d’esprit et sans discrimination à l’égard des orientations sexuelles de chacune ». On aime ça!
L’ensemble rêve de se retrouver un beau jour au Festival de Jazz de Montréal. On leur souhaite !



Pour s’inscrire à l’ensemble vocal pour l’automne ou en apprendre davantage sur Les Nanas.


Mention spéciale pour le site web qui est particulièrement très esthétique.

Jorane à l'Usine C : une sorcière s'accordant... à pas de cordes!


C’est une Jorane charismatique et ensorcelée par sa propre musique qui effectuait ce 18 mai dernier sa rentrée montréalaise à l’Usine C, après une courte tournée en France, en Pologne et au Liban. Dans une ambiance feutrée et intimiste, la musicienne multi-instrumentiste québécoise a offert une performance comprenant l’essentiel de son nouvel album Une sorcière comme les autres (2011), lancé au début février dernier. La mise en scène épurée comprenait l’artiste élégamment vêtue d’une robe noire, armée de son violoncelle, de sa harpe et de son ukulélé.
Malgré une mauvaise grippe et une congestion nasale dont elle a vite fait l’état au début du spectacle,Jorane a affirmé que « tout va bien… car je suis amour, et j’aime… », enchaînant ensuite avec la première chanson de sa performance, Les gens qui doutent, chanson phare à l’origine de son dernier projet d’album.
L’ensorceleuse a aussi offert à son public plusieurs chansons issues de ses précédents albums, notamment Film III de 16mm (2000); StayThe Caveet Fragile de The You and the Now (2004); et Pour ton sourire de Evapore (2004). Il n’y a que deux chansons de son dernier album qu’elle n’a pas interprétées, laissant une place égale à ses nouvelles et anciennes compositions, dont plusieurs sont des reprises.
Étant bien connue pour reprendre les textes et les mélodies des grands de la chanson québécoise,Jorane a offert de multiples réinterprétations à son public. Il s’agissait majoritairement de chansons de son dernier album, soit Pendant que les champs brûlent du groupe NiagaraLes gens qui doutent etUne sorcière comme les autres d’Anne SylvestreLe départ de Gilles VigneaultMarylin et John deVanessa ParadisL’engeôlière de Richard DesjardinsSuzanne de Leonard Cohen et Je te laisserai des mots de Patrick Watson. L’artiste a également interprété deux reprises n’étant pas sur son dernier album, soit Pleine lune en décembre deZachary Richard et Le temps passe de Pauline Julien.
Juste avant de quitter pour l’entracte, c’est la réinterprétation de J’ai douze ans de la diva québécoise Diane Dufresne, émouvante et lyriquement spectaculaire, qui a récolté le plus d’applaudissements de la soirée. Cette chanson enlevante n’est pas sur le dernier album de l’artiste, à la grande déception des fans de l’artiste. Dans le programme de la soirée, le titre de la chanson n’apparaissait pas. En remplacement, il était écrit « hommage à une grande sorcière québécoise ». La chanteuse a laissé deviner à son public à qui elle rendait hommage.
Toute la soirée, Jorane, particulièrement en forme, a offert une performance vocale déployée, grande, sincère et émouvante. Le public, particulièrement enchanté par le retour de la chanteuse et musicienne sur les planches montréalaises, n’a cessé tout au long du spectacle de clamer son affection pour la chanteuse. « On t’aime Jorane», « Bravo! », « Wow! » ou des qualificatifs comme « Ensorcelante! », ont été lancés à brûle-pourpoint par celui-ci, à différents moments de la performance.
La foule en pâmoison s’est aussi laissée aller à siffloter pendant la reprise de la chanson Pendant que les champs brûlent du groupe Niagara. Et,Jorane, qui adore faire chanter son public, a aussi demandé à deux reprises la participation vocale de son public. L’atmosphère chaude, sombre et intimiste de l’Usine C se couplait particulièrement bien avec la performance de la musicienne confirmée, faisant voguer son public au rythme de ses mots et de ses mélodies gracieuses, langoureuses, pleines de désarroi, mais surtout, de lumière.
L’album Une sorcière comme les autres est maintenant disponible en magasin. Il est possible d’écouter tous les albums dont ce dernier en ligne dans la section Discographie du site web de Jorane.
Site web de l'Usine C.
Crédit photos : Vincent Dhulster