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mardi 3 mai 2011

Lady Gaga, "Oui, je le veux", Mort d'un ennemi de l'Occident et Électrochoc politique

Je ne devrais plus attendre pour écrire, vous voyez ce que ça donne comme titre de chronique. Néanmoins, cela me donne l'avantage d'être sûr d'avoir quelque chose à dire, et puisque je veux écrire de manière de plus en plus factuelle et right to the point, je crois que cette chronique sera un bon exercice.

D'abord, les nouvelles récentes qui m'ont abasourdi.

Électrochoc politique
Je résumerais la situation des Libéraux et du Bloc Québécois en un mot : harponnage. C'est avec une majorité solide, vous le savez, que les Conservateurs de Stephen Harper ont remporté les 41e élections fédérales d'hier. Or, c'est également ce jour-là qui a vu le NPD devenir, pour la première fois de son histoire une opposition officielle forte, prenant la place que les Libéraux occupaient depuis 2004. Mais, le plus gros coup de harpon porté aux Libéraux et au Bloc Québécois hier n'est pas uniquement calculable en termes de comtés perdus ou de rejet au profit des Conservateurs ou du NPD : il s'agit de la mort symbolique des deux partis, causée par la non réélection des chefs respectifs du PLC et du BQ dans leurs comtés.

Qui a dit que la politique canadienne était platte?

Personnellement, je ne vous cacherai pas que je fais partie de la vague orange qui a déferlé sur le Québec. J'ai voté davantage pour un député inconnu du NPD - qui n'a malheureusement pas gagné contre Louis Plamondon, dans la forteresse bloquiste de ma ville Sorel-Tracy - que pour un député reconnu, ce qui n'a malheureusement (pour moi) pas conduit mon candidat NPD à la victoire. Néanmoins, je considère avoir gagné mes élections, car je voulais une majorité de NPD au Québec et je voulais que ce parti soit dans l'opposition officielle canadienne.

Maintenant, on doit laisser la chance aux coureurs. Beaucoup de jeunes recrues vont emmener un vent de changement au Parlement, mais cela ne se fera pas sans que le NPD encadre bien ses nouveaux députés et s'oriente vers une nouvelle stratégie. J'ai hâte de voir, néanmoins, ce qui va se produire du côté des Libéraux, du Bloc Québécois et de l'impact de ces élections sur la politique québécoise : va-t-on assister à un renforcement du Parti Québécois et du mouvemement souverainiste, à la déconfiture de Charest, à la fusion du NPD et du Parti Libéral?

Tout est possible!


Mort d'un ennemi de l'Occident
Tout est bien qui finit bien : "il est mort, le sacrement", me suis-je dit, sur mon sofa, dimanche soir, en me remémorant comment j'avais appris que le monde "ne serait plus jamais pareil", à l'âge de 16 ans. Il y a 10 ans, on vivait tous un événement tragico-historique. Probablement un des plus troublant et inquiétant de notre histoire récente, et sans aucun doute à l'origine des quelques conflits prolongés depuis ce temps au Moyen-Orient. Cet événement fut aussi la racine d'une xénophobie montante et de problématiques diverses impliquant les communautés culturelles musulmanes partout dans le monde. La Commission Bouchard-Taylor aurait-elle existé sans le 11 septembre? Pas sûr!

Néanmoins, maintenant, avec une social démocratie canadienne plus forte, et avec la mort de l'ennemi public et symbolique numéro un des États-Unis depuis 10 ans, on peut, avec un peu plus de légèreté, penser à un avenir moins inquiétant. Mais, peut-être pas : si la majorité Conservatrice canadienne devait être contestée au Québec par un gouvernement péquiste en 2013, puis par un référendum sur la souveraineté après 2013, peut-être que l'armée canadienne entrerait sur notre territoire RIGHT AWAY et nous mettrait à feu et à sang, advenant que l'option OUI gagnait?

Tout est possible!

"Oui, je le veux"
J'ai succombé à la vague de kétainitude à laquelle bien des gens ont succombé partout dans le monde (plus de deux milliards!) Non, je ne me suis pas levé à 4h30 AM pour voir la cérémonie en direct, mais j'ai volontiers regardé l'émission spéciale sur le mariage du Prince William et de Catherine "Kate" Middleton à la télévision de Radio-Canada que j'avais enregistrée. Bon, j'ai quand même sauté les longueurs et le "parlage de robe" qui n'en finissait plus, mais j'ai tout de même apprécié la cérémonie. Simple, légère (comparativement à Diana et Charles, on s'entend qu'un mariage royal n'a rien de léger comparativement à celui de mes parents à l'Église Saint-Dominique de Jonquière dans les années 80!) Mais, bon, tout comme j'ai observé avec fascination dans le passé les couvertures médiatiques du passage à l'an 2000, de la mort de Lady Diana, des attentats du 11 septembre 2001, etc., j'ai suivi cet événement pour le simple plaisir d'assister à un autre moment d'histoire. La tradition monarchique britannique ne me fait pas "tripper" personnellement, mais je trouve que c'est un phénomène culturel intéressant à voir évoluer, de nos jours, malgré tout ce qui a été érigé dans notre monde pour contrer les monarchies au fil des derniers siècles. Les britanniques sont créatifs, fiers et patriotes, pour entretenir une telle tradition, mais ils ont aussi des coûts de loyers exorbitants. Londres 2012 ne les aidera vraiment pas. Il y aura un prix à payer, un jour, pour toutes ces dépenses et pour la réduction de la qualité de vie de la population à court terme.

Gaga oulala!
Oulala! C'est le mot. J'ai ADORÉ la performance de Lady Gaga du lundi 25 avril dernier au Centre Bell à Montréal. Malgré un retard de près d'une heure et demie, Lady Gaga s'est pointée, plus en forme que jamais, et a littéralement survolté le public en entier, les faisant vite oublier qu'ils l'injuriaient deux minutes avant pour son retard. Personne n'est demeuré indifférent, tout au long de ce spectacle (du moins, autour de moi), à la performance de l'artiste, qui est une véritable métamorphe de la musique populaire. Le Monster Ball tourne depuis déjà près de deux ans, et c'était à Montréal que l'aventure avait commencée en 2009. C'était presque le spectacle clôture de cette tournée phare de l'artiste et qui lui a permis d'acquérir le titre de Mother Monster.

Enchaînant changements de costumes, vidéos, tubes pop bonbons trop sucrés et quelques album tracks moins connues néanmoins très rythmées, Lady Gaga en a vraiment épaté plus d'un. Ce qui m'a le plus surpris est la grande générosité de l'artiste quand vient le temps de monologuer à son public. Étirant parfois ses discours jusqu'à 10 minutes, la mère de tous les monstres n'était toutefois pas banale, mais plutôt très intéressante à écouter. Ses principaux messages lancés au public semblaient sincères et les sujets gravitaient autour de la liberté d'expression, de son amour pour son public, de la possibilité de tous les individus d'être eux-mêmes peu importe leurs différences, bref, de l'espoir. À chaque fin de phrase ou presque, Gaga recevait des tonnes d'applaudissements, preuve que ses fans sont véritablement réceptifs à ses pensées et à son amour. Il faut dire que la madame en reçoit pas mal aussi, mais l'Ego de star qu'on aurait pu croire que Gaga a n'est vraiment pas comparable à celui des Madonna ou Britney Spears de ce monde qui font parfois leur spectacle en entier sans glisser davantage entre leurs chansons qu'un "Hi Montreal". Vraiment, je trouve ce genre de comportement déplorable et insultant de la part d'artistes envers leur public qui paie souvent l'équivalent de la moitié d'un mois de leur salaire pour aller les voir. Lady Gaga ne tombe pas dans le piège de se penser trop importante pour ne pas avoir à discuter avec ses "pauvres fans"... et c'est tout à son honneur.

Sinon, les clous du spectacle ont évidemment été l'enchaînement, à la toute fin du spectacle, de Alejandro, Poker Face, Bad Romance et Born this way, nouveau simple de l'artiste qui avait déjà été joué pendant la soirée de manière acoustique et vocalement tout en beauté. Le public était en feu en voyant Gaga revenir sur scène habillée comme lors des derniers Grammy Awards pour interpréter son nouveau tube. Il ne reste plus qu'à attendre de voir ce que l'artiste prépare comme tournée suite à la sortie de son nouvel album, du même nom que le simple, le 23 mai 2011. Elle nous a promis, lors du spectacle, une tournée grandiose et plus grande que le Monster Ball. D'ici là, on peut voir Gaga sur HBO ce samedi, pour la finale de sa tournée à Mexico City, et sur YouTube plus que jamais puisque l'artiste a atteint le milliard de vues pour la vidéo de Bad Romance. Néanmoins, l'artiste a beau être la reine du 2.0., elle devra demeurer consistance pour le demeurer, car le jeune Justin Bieber la talonne de très près dans cet univers qui l'a lui-même propulsé vers la gloire.

Enfin, le monde de la musique populaire est fascinant, intriguant et résolument intéressant avec cette nouvelle artiste dans le décor. Je ne peux pas attendre la sortie de son nouvel album sans une certaine hâte et sans croire que le public sera gagné d'avance.

Rien n'est impossible, non?

mardi 19 avril 2011

Priceless : le pouvoir d'être soi-même

Sorel-Tracy - Marche contre l'intimidation à l'école

Le 16 avril 2011, il y a eu une grande marche contre l'intimidation, à Sorel-Tracy, ma ville d'adoption depuis un an et demi. Je n'y était pas, car je n'avais pas entendu parler de l'histoire derrière cette marche, sans quoi, j'y aurait certainement participé.

Écoeuré de se faire écoeurer, Maxime Collard, 12 ans, expulsé de son école secondaire pour agressivité (semble-t-il), a initié tout cela. Plutôt que de cultiver des idées noires, il a décidé d'utiliser Facebook pour faire entendre son problème et ainsi expulser ce qui était en train de le rendre frustré, violent et suicidaire. Je ne peux que saluer son initiative, car à peu près au même âge, j'aurais eu mille raisons de faire la même chose, mais je ne l'ai pas fait.

Fils d'un politicien régional au Saguenay-Lac-Saint-Jean, entre 1991 et 2003, je n'ai pratiquement jamais eu la paix dans une cour d'école. Naturellement dépendant du regard et de l'affection des autres, ayant toujours été fondamentalement empathique, affectueux et tourné vers les autres, j'ai par contre toujours pris l'attention qu'on me portait à cause de mon père de manière négative. À chaque élection, le visage de mon père était placardé bord en bord de la ville, et je n'avais quasiment pas le temps de respirer entre chaque remarque ou insulte reliée à mon père ou à mon statut de "fils de..." Il y avait des remarques négatives, des positives, mais néanmoins, toute cette attention n'était pas sollicitée et m'empêchait parfois de réellement cerner qui j'étais réellement. Malgré le fait que j'étais libre de prendre cela positivement ou pas, j'étais plus souvent jugé sur les actions de mon père que sur les miennes, ce qui me laissait parfois bien peu de liberté d'être qui j'étais. Étant forcément toujours dans la défensive inconditionnelle de mon père et de moi (heureusement pour moi, mon père était très apprécié localement), j'avais bien peu de temps pour AGIR, étant toujours dans la RÉACTION. J'étais fier de mon père, inévitablement, et je profitais de son statut tous les jours. Mais, parfois, j'aurais préféré le voir chez nous plus souvent que sur les pancartes. M'enfin, je n'ai pas manqué de mon père, mais plutôt de "préparation" à cette popularité par défaut à laquelle j'allais être exposé dès l'âge de 6 ans.

J'ai souvent éclaté de rage, j'ai souvent souffert, malgré tout, de cette difficulté d'être constamment observé et jugé comme un adulte alors que l'on est qu'un enfant.

Enfin, des années plus tard, autour de l'an 2000, l'image du père célèbre déjà mieux assimilée, à mes 15 ans, toute l'école, pour qui j'étais maintenant le fils du maire, s'est mise à ragoter dans mon dos à propos de mon orientation sexuelle. J'étais effectivement homosexuel, mais personne ne le savait encore, pas même mes meilleurs amis, sauf ceux qui avaient accès à Internet et m'avaient vu sur un site de rencontre destiné aux gens de tous les âges : le site de GangIRC (pour les utilisateurs du logiciel de chat mIRC). La nouvelle eut l'effet d'une bombe. Je n'ai jamais été autant intimidé par les gens de mon école de ma vie. Les garçons me poussaient dans les escaliers, entre les casiers, se réunissaient en groupe pour m'injurier ou me traiter de tapette, de fefi, de...

Malgré tout, une once de moi s'est probablement sentie comme Maxime Collard, à ce moment où tout pouvait déborder. C'est ici que cet article prend une dimension à laquelle je ne m'attendais pas. En fait, j'oubliais à quel point je n'ai jamais été aussi audacieux que cette année-là où j'étais enfin le centre de mon monde pour quelque chose que j'étais vraiment moi-même et non pas pour quelque chose que mon père était ou m'avait donné. Un beau jour, j'ai décidé, en prévision d'un spectacle annuel de la troupe de danse à laquelle j'appartenais, sur un coup de tête (c'est le cas de le dire), de me faire décolorer les cheveux complètement et de les faire teindre argent et bleu. C'est bien sûr, mon coiffeur, un adulte pas mal flyé et open, gay et ayant des enfants lui-même d'un mariage précédent, qui, ayant compris mon besoin d'exprimer mon individualité, m'avait poussé à oser afficher mes couleurs. Malgré les rumeurs sur mon homosexualité, je me suis présenté un beau lundi, à l'école, la tête bleue et argent.

SCANDALE!

Premièrement, j'étais hors-la-loi à l'école, mais spécifiant que c'était pour un spectacle à la fin de la semaine, la direction de l'école m'a autorisé de rester à l'école cette journée-là. Je me sentais brave!

Deuxièmement, les élèves ont tous été complètement pris de stupeur de me voir arriver comme cela, en pleine campagne de rumeur sur mon homosexualité, avec forcément pas les attraits capillaires les plus virils que j'aurais pu exprimer. Mais, ça n'était pas grave : je me sentais horriblement mal, mais en même temps horriblement libre. Ça faisait mal et ça faisait du bien à chaque seconde!

Troisièmement, évidemment, ma famille a complètement disjoncté. Le "fils de..." avait maintenant, ne serait-ce que de façon superficielle, une identité, un Égo, une personnalité. Il ne faisait pas les choses pour plaire, mais pour se sentir bien et libre.

Quatrièmement, toute la troupe de danse à laquelle je participais a réagi extrêmement... bien! Mais, en même temps, j'ai entendu dire que certains trouvaient ma coupe trop excentrique pour le spectacle, car cela attirait trop l'attention sur moi. Mais, on m'a laissé exprimer mon individualité. Ça ne pouvait pas plaire à tout le monde, et ce n'était pas le but. J'ai passé, cette semaine-là, une semaine très chargée en émotions, de générale en générale, jusqu'aux spectacles, et j'ai véritablement senti que j'avais ma place plus que jamais dans ce spectacle. Je ne vivais plus la même pression de devoir plaire aux autres. Je faisais mes trucs, à ma façon, et les gens adhéraient ou non à ce que je décidais de dire ou faire. Je découvrais que de la discordance et la divergence d'opinions et de styles de vie pouvait émerger la tolérance, l'empathie, et finalement, l'amitié. Je découvrais cela pour la première fois, en goûtant l'individualité.

Suite à ce spectacle, quelques mois plus tard, après tout un été a être sorti des sentiers battus de ma vie pour tenter de nouvelles choses, tout mon entourage a été mis au courant de mon orientation sexuelle. J'ai ainsi pu reprendre une vie un peu plus normale et moins exubérante. J'avais fait mon gros "trip" à l'été 2000, et ça avait fait du bien.

Quand je regarde l'histoire de Maxime Collard, je me dis que je n'ai peut-être pas mobilisé ma communauté pour me venir en aide, mais j'ai révolutionné, en l'an 2000, mon univers personnel. Et, il plus important que jamais que les jeunes réalisent à quel point l'on ne mérite pas de souffrir à cause des autres. On mérite d'être heureux, de pouvoir nous exprimer de manière positive et constructive. On mérite l'amour, l'amitié, le courage, la confiance...

Le pouvoir d'être soi-même.