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samedi 11 juin 2011

Sally Paradise : AOUUiii! c’est cosmique!

Nous avons eu le plaisir de nous retrouver à La Baraque, ce samedi dernier, pour le lancement du disque Aouu!, premier de la formation Sally Paradise, groupe musical montréalais de plus en plus reconnu dans le créneau de la musique électro-rock « cosmique » et expérimentale.

La nouveauté Aouu! de Sally Paradise, album aux essences musicales et vocales éthérées, n’est pas sans rappeler le groupe islandais Sigur Rós. Mais, dans un style bien à eux, Sally Paradise offre un mélange de plusieurs styles sur son premier album – électro-rock, ambiantcosmiquepoprap, ska – un blend représentatif d’une recherche en pleine effervescence et d’une carrière musicale professionnelle qui commence à peine à s’amorcer.

Dans une ambiance très décontractée, intimiste et amicale, le groupe Sally Paradise a offert lors de son événement de lancement privé, à La Baraque, plusieurs chansons de ses précédents EP et du nouvel album Aouu!. Le groupe musical, installé debout, au milieu de lampes antiques dépareillées et clignotant de toutes les couleurs, a offert une performance sans grande prétention, avec trop de reverb dans les voix et dans les instruments, créant une atmosphère planante aux sonorités saturées et quasi assourdissantes. Le groupe est encore à travailler sa complicité sur scène, car il est d’une mouture récente. Mais, on leur pardonne, car ça promet…

À ce propos, la fondatrice du groupe musical Catherine Debard nous a raconté qu’il y a eu plusieurs formations différentes avant d’en arriver à celle-ci. Selon elle, la formule actuelle est gagnante, et bien sûr, elle espère qu’ils pourront ensemble poursuivre leur voyage musical vers de nouvelles contrées cosmiques inconnues, mais apprivoisables, tel l’Adolescent Loup, titre qui ouvre leur album.

La Baraque est un lieu de performance et d’événements privés spontanés créés sur mesure au gré de diverses associations entre créateurs indépendants et la directrice artistique et propriétaire du lieu, Noémie Guérin-Gosselin. Véritable maison centenaire ayant conservé un cachet très rétro et XIXe siècle, La Baraque est un lieu propice à la créativité, et où toutes les expérimentations et exubérances artistiques sont permises. À condition de s’adapter à « la maison » et non le contraire…



Crédit photos : Michaël Giguère
Autre(s) critique(s) d’albums :

Sally Paradise

La Baraque

Valises @Aux Écuries : un livre qui peine a s'ouvrir

Matérialité et virtualité finiront un jour par se fondre l'une dans l'autre pour débloquer le potentiel narratif énorme de cette performance théâtrale. En attendant, VALISES de la compagnie théâtrale Blitz d’Axes devra continuer de développer son rapport à un médium complexe, mais aux possibilités infinies. Critique d’une « transposition de BD » à la scène.

Valises de la compagnie Blitz d’Axes est une courte performance théâtrale durant au plus 60 minutes illustrant la quête du Graal et l’avidité qui s’y rattache. Mélangeant réalité et virtualité dans un rapport parfois inégal, monotone et mal synchronisé, où la symbiose recherchée par ses créateurs ne se manifeste que quelques secondes pendant l’heure que dure la représentation, Valises ne livre pas la marchandise. Enfin, pas assez pour nous faire oublier les images fixes et les animations 2D aux tons mornes malheureusement très récurrentes et qui donnent peu de couleur à une narration déjà très absente…

Par ailleurs, le rendu BD de la performance théâtrale Valises n’était vraiment pas du tout à ce quoi l’on pouvait s’attendre. L’usage des mots « transposition d’une BD » dans la publicité de la performance devrait être révisé. On peut, tout au moins, penser que la performance est inspirée du découpage ou de l’histoire d’une BD précise. Mais, l’effet de transposition du livre à la scène, lui, n’est souvent rappelé que par le cadre à neuf cases qui compose essentiellement l’espace scénographique.

Pendant Valises, on se promène davantage dans un univers d’images fixes où les animations sont grossières, et où la qualité de l’ensemble laisse assez indifférent. L’animation très aplatie et les images fixes nous renvoient néanmoins aux BD, qui elles, ne sont pas animées, mais, où est l’intérêt de transposer à la scène sans harmoniser les médiums dans une dynamique symbiotique, rafraîchissante et innovatrice? De plus, l’histoire mise en scène semble bourrée d’ellipses par rapport à la BD originale, réduisant le récit narratif à sa plus simple expression, ne faisant pas, là non plus, de coup d’éclat

Le plus geek des « théâtreux » ou des bédéphiles ne sera probablement pas satisfait par la performance théâtrale Valises dans son état actuel, dû au manque de narrativité, d’une réelle présence narrative technologique efficace, et faute d’une interactivité humain-écran vraiment originale. Après deux ans dework in progress sur cette performance, Blitz d’Axes pourrait offrir davantage à son public, ou revenir au format original de 30 minutes, plus condensé et probablement moins répétitif que celui présentement à l’affiche.