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samedi 11 juin 2011

Valises @Aux Écuries : un livre qui peine a s'ouvrir

Matérialité et virtualité finiront un jour par se fondre l'une dans l'autre pour débloquer le potentiel narratif énorme de cette performance théâtrale. En attendant, VALISES de la compagnie théâtrale Blitz d’Axes devra continuer de développer son rapport à un médium complexe, mais aux possibilités infinies. Critique d’une « transposition de BD » à la scène.

Valises de la compagnie Blitz d’Axes est une courte performance théâtrale durant au plus 60 minutes illustrant la quête du Graal et l’avidité qui s’y rattache. Mélangeant réalité et virtualité dans un rapport parfois inégal, monotone et mal synchronisé, où la symbiose recherchée par ses créateurs ne se manifeste que quelques secondes pendant l’heure que dure la représentation, Valises ne livre pas la marchandise. Enfin, pas assez pour nous faire oublier les images fixes et les animations 2D aux tons mornes malheureusement très récurrentes et qui donnent peu de couleur à une narration déjà très absente…

Par ailleurs, le rendu BD de la performance théâtrale Valises n’était vraiment pas du tout à ce quoi l’on pouvait s’attendre. L’usage des mots « transposition d’une BD » dans la publicité de la performance devrait être révisé. On peut, tout au moins, penser que la performance est inspirée du découpage ou de l’histoire d’une BD précise. Mais, l’effet de transposition du livre à la scène, lui, n’est souvent rappelé que par le cadre à neuf cases qui compose essentiellement l’espace scénographique.

Pendant Valises, on se promène davantage dans un univers d’images fixes où les animations sont grossières, et où la qualité de l’ensemble laisse assez indifférent. L’animation très aplatie et les images fixes nous renvoient néanmoins aux BD, qui elles, ne sont pas animées, mais, où est l’intérêt de transposer à la scène sans harmoniser les médiums dans une dynamique symbiotique, rafraîchissante et innovatrice? De plus, l’histoire mise en scène semble bourrée d’ellipses par rapport à la BD originale, réduisant le récit narratif à sa plus simple expression, ne faisant pas, là non plus, de coup d’éclat

Le plus geek des « théâtreux » ou des bédéphiles ne sera probablement pas satisfait par la performance théâtrale Valises dans son état actuel, dû au manque de narrativité, d’une réelle présence narrative technologique efficace, et faute d’une interactivité humain-écran vraiment originale. Après deux ans dework in progress sur cette performance, Blitz d’Axes pourrait offrir davantage à son public, ou revenir au format original de 30 minutes, plus condensé et probablement moins répétitif que celui présentement à l’affiche.

mardi 7 juin 2011

Mutek @ Piknik Électronik : deejaying on the fly!

À l’événement MUTEK @ PIKNIC ÉLECTRONIK présenté pour la 12e édition du festival international de créativité numérique et de musiques électroniques MUTEK, l’électricité nocturne, musicale et visuelle des premières nuits endiabléesmutekiennes de juin s’est photosynthétisée sous le ciel dégagé et le soleil chaud du Parc Jean-Drapeau de Montréal, permettant un refill momentané de vitamine D. Ce fut l’occasion pour MUTEK, leurs DJs et leurs fans de se réconcilier avec le PIKNIC et Mère Nature.
Dès 14h, la scène principale commence à se survolter avec plusieurs petits sets spontanés comprenant les duos français Alex & Laetitia de Katapult et Le K. Mais, il est encore trop tôt pour danser. Les gens se promènent sur le site, mangent, discutent, prennent un verre, pique-niquent… ou arrivent plus tard. Malgré tout, plusieurs se massent déjà devant la scène principale pour ne manquer aucun des faits et gestes des premiers DJs.
Vers 15h, la scène Guru s’énergise avec l’américain Sutekh qui prend le contrôle de l’ambiance principale de cette fin d’après-midi sur le bord de l’eau. Les gens sont encore relax, mais s’entassent graduellementIls se lèveront pour le populaire et apprécié DJ britannique James Holden, suivant à 17h.
À 17h, des gens s’entassent encore à la scène principale pour entendre le duo montréalais Flabbergast, rarement de passage à Montréal. « Ils sont très présents en Europe, mais rarement ici, ironiquement. Ils offrent surtout des performances spontanées, des jams live, lorsque l’occasion de présente alors qu’ils sont de passage à Montréal », nous a raconté Dimitri Nasrallah*campaign manager pour l’édition MUTEK 2011, et travaillant pour l’organisation depuis leurs tout débuts en 2003. « Guillaume Coutu-Dumont et Vincent Lemieux(Flabbergast) sont très talentueux […] et leur présence spontanée à Montréal cadre très bien avec l’esprit de l’événement MUTEK @ PIKNIC d’aujourd’hui […] car ayant eu de la pluie pendant les cinq dernières années à tous les MUTEK @ PIKNIC, nous ne voulions pas trop booker un lineup de DJs d’avance et être plus spontanés dans notre programmation […] », nous explique-t-il. « La météo a trop déçu de fans et de DJs dans les dernières années, mais aujourd’hui, les plus spontanés pourront ouvrir leur DJ case et spinner leurs chansons favorites. They’ll be deejaying on the fly! », rajoute-t-il.
En effet, jusqu’à 21h30, le lineup de DJs de MUTEK @ PIKNIC comprendra plusieurs petites surprises musicales. Comme Dimitri Nasrallah nous a également fait part en début de journée, ce ne sont pas les sets habituels qui seront joués aujourd’hui. On pourra entendre, par ci et par là, quelques extraits de chansons bien connues, au choix des DJs et des programmeurs. En début de soirée, nous avons par exemple pu reconnaître Everything in its right place de l’album KID A de Radiohead, remixée par Sety & Mossa, duo américain suivant Flabbergast et James Holden. Nous avons aussi entendu quelques tubes des années 90 dont les noms nous échappaient…
Mais, enfin, on va à MUTEK @ PIKNIC surtout pour s’amuser, déconnecter, être dans le moment présent, apprécier les paysages sonores et naturels, sentir les vibrations de basses grasses dans le sol, et se laisser extasier par quelques moments d’absence mentale. Au diable les années 90, let’s just dance!
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Site officiel du Festival Mutek
Site officiel du Piknic Electronik 
*Les propos de Dimitri Nasrallah ont fait l'objet d'une traduction libre de l'auteur de cet article. 


Crédits photo : Vincent Dhulster