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samedi 21 mai 2011

Jorane à l'Usine C : une sorcière s'accordant... à pas de cordes!


C’est une Jorane charismatique et ensorcelée par sa propre musique qui effectuait ce 18 mai dernier sa rentrée montréalaise à l’Usine C, après une courte tournée en France, en Pologne et au Liban. Dans une ambiance feutrée et intimiste, la musicienne multi-instrumentiste québécoise a offert une performance comprenant l’essentiel de son nouvel album Une sorcière comme les autres (2011), lancé au début février dernier. La mise en scène épurée comprenait l’artiste élégamment vêtue d’une robe noire, armée de son violoncelle, de sa harpe et de son ukulélé.
Malgré une mauvaise grippe et une congestion nasale dont elle a vite fait l’état au début du spectacle,Jorane a affirmé que « tout va bien… car je suis amour, et j’aime… », enchaînant ensuite avec la première chanson de sa performance, Les gens qui doutent, chanson phare à l’origine de son dernier projet d’album.
L’ensorceleuse a aussi offert à son public plusieurs chansons issues de ses précédents albums, notamment Film III de 16mm (2000); StayThe Caveet Fragile de The You and the Now (2004); et Pour ton sourire de Evapore (2004). Il n’y a que deux chansons de son dernier album qu’elle n’a pas interprétées, laissant une place égale à ses nouvelles et anciennes compositions, dont plusieurs sont des reprises.
Étant bien connue pour reprendre les textes et les mélodies des grands de la chanson québécoise,Jorane a offert de multiples réinterprétations à son public. Il s’agissait majoritairement de chansons de son dernier album, soit Pendant que les champs brûlent du groupe NiagaraLes gens qui doutent etUne sorcière comme les autres d’Anne SylvestreLe départ de Gilles VigneaultMarylin et John deVanessa ParadisL’engeôlière de Richard DesjardinsSuzanne de Leonard Cohen et Je te laisserai des mots de Patrick Watson. L’artiste a également interprété deux reprises n’étant pas sur son dernier album, soit Pleine lune en décembre deZachary Richard et Le temps passe de Pauline Julien.
Juste avant de quitter pour l’entracte, c’est la réinterprétation de J’ai douze ans de la diva québécoise Diane Dufresne, émouvante et lyriquement spectaculaire, qui a récolté le plus d’applaudissements de la soirée. Cette chanson enlevante n’est pas sur le dernier album de l’artiste, à la grande déception des fans de l’artiste. Dans le programme de la soirée, le titre de la chanson n’apparaissait pas. En remplacement, il était écrit « hommage à une grande sorcière québécoise ». La chanteuse a laissé deviner à son public à qui elle rendait hommage.
Toute la soirée, Jorane, particulièrement en forme, a offert une performance vocale déployée, grande, sincère et émouvante. Le public, particulièrement enchanté par le retour de la chanteuse et musicienne sur les planches montréalaises, n’a cessé tout au long du spectacle de clamer son affection pour la chanteuse. « On t’aime Jorane», « Bravo! », « Wow! » ou des qualificatifs comme « Ensorcelante! », ont été lancés à brûle-pourpoint par celui-ci, à différents moments de la performance.
La foule en pâmoison s’est aussi laissée aller à siffloter pendant la reprise de la chanson Pendant que les champs brûlent du groupe Niagara. Et,Jorane, qui adore faire chanter son public, a aussi demandé à deux reprises la participation vocale de son public. L’atmosphère chaude, sombre et intimiste de l’Usine C se couplait particulièrement bien avec la performance de la musicienne confirmée, faisant voguer son public au rythme de ses mots et de ses mélodies gracieuses, langoureuses, pleines de désarroi, mais surtout, de lumière.
L’album Une sorcière comme les autres est maintenant disponible en magasin. Il est possible d’écouter tous les albums dont ce dernier en ligne dans la section Discographie du site web de Jorane.
Site web de l'Usine C.
Crédit photos : Vincent Dhulster

mardi 3 mai 2011

Lady Gaga, "Oui, je le veux", Mort d'un ennemi de l'Occident et Électrochoc politique

Je ne devrais plus attendre pour écrire, vous voyez ce que ça donne comme titre de chronique. Néanmoins, cela me donne l'avantage d'être sûr d'avoir quelque chose à dire, et puisque je veux écrire de manière de plus en plus factuelle et right to the point, je crois que cette chronique sera un bon exercice.

D'abord, les nouvelles récentes qui m'ont abasourdi.

Électrochoc politique
Je résumerais la situation des Libéraux et du Bloc Québécois en un mot : harponnage. C'est avec une majorité solide, vous le savez, que les Conservateurs de Stephen Harper ont remporté les 41e élections fédérales d'hier. Or, c'est également ce jour-là qui a vu le NPD devenir, pour la première fois de son histoire une opposition officielle forte, prenant la place que les Libéraux occupaient depuis 2004. Mais, le plus gros coup de harpon porté aux Libéraux et au Bloc Québécois hier n'est pas uniquement calculable en termes de comtés perdus ou de rejet au profit des Conservateurs ou du NPD : il s'agit de la mort symbolique des deux partis, causée par la non réélection des chefs respectifs du PLC et du BQ dans leurs comtés.

Qui a dit que la politique canadienne était platte?

Personnellement, je ne vous cacherai pas que je fais partie de la vague orange qui a déferlé sur le Québec. J'ai voté davantage pour un député inconnu du NPD - qui n'a malheureusement pas gagné contre Louis Plamondon, dans la forteresse bloquiste de ma ville Sorel-Tracy - que pour un député reconnu, ce qui n'a malheureusement (pour moi) pas conduit mon candidat NPD à la victoire. Néanmoins, je considère avoir gagné mes élections, car je voulais une majorité de NPD au Québec et je voulais que ce parti soit dans l'opposition officielle canadienne.

Maintenant, on doit laisser la chance aux coureurs. Beaucoup de jeunes recrues vont emmener un vent de changement au Parlement, mais cela ne se fera pas sans que le NPD encadre bien ses nouveaux députés et s'oriente vers une nouvelle stratégie. J'ai hâte de voir, néanmoins, ce qui va se produire du côté des Libéraux, du Bloc Québécois et de l'impact de ces élections sur la politique québécoise : va-t-on assister à un renforcement du Parti Québécois et du mouvemement souverainiste, à la déconfiture de Charest, à la fusion du NPD et du Parti Libéral?

Tout est possible!


Mort d'un ennemi de l'Occident
Tout est bien qui finit bien : "il est mort, le sacrement", me suis-je dit, sur mon sofa, dimanche soir, en me remémorant comment j'avais appris que le monde "ne serait plus jamais pareil", à l'âge de 16 ans. Il y a 10 ans, on vivait tous un événement tragico-historique. Probablement un des plus troublant et inquiétant de notre histoire récente, et sans aucun doute à l'origine des quelques conflits prolongés depuis ce temps au Moyen-Orient. Cet événement fut aussi la racine d'une xénophobie montante et de problématiques diverses impliquant les communautés culturelles musulmanes partout dans le monde. La Commission Bouchard-Taylor aurait-elle existé sans le 11 septembre? Pas sûr!

Néanmoins, maintenant, avec une social démocratie canadienne plus forte, et avec la mort de l'ennemi public et symbolique numéro un des États-Unis depuis 10 ans, on peut, avec un peu plus de légèreté, penser à un avenir moins inquiétant. Mais, peut-être pas : si la majorité Conservatrice canadienne devait être contestée au Québec par un gouvernement péquiste en 2013, puis par un référendum sur la souveraineté après 2013, peut-être que l'armée canadienne entrerait sur notre territoire RIGHT AWAY et nous mettrait à feu et à sang, advenant que l'option OUI gagnait?

Tout est possible!

"Oui, je le veux"
J'ai succombé à la vague de kétainitude à laquelle bien des gens ont succombé partout dans le monde (plus de deux milliards!) Non, je ne me suis pas levé à 4h30 AM pour voir la cérémonie en direct, mais j'ai volontiers regardé l'émission spéciale sur le mariage du Prince William et de Catherine "Kate" Middleton à la télévision de Radio-Canada que j'avais enregistrée. Bon, j'ai quand même sauté les longueurs et le "parlage de robe" qui n'en finissait plus, mais j'ai tout de même apprécié la cérémonie. Simple, légère (comparativement à Diana et Charles, on s'entend qu'un mariage royal n'a rien de léger comparativement à celui de mes parents à l'Église Saint-Dominique de Jonquière dans les années 80!) Mais, bon, tout comme j'ai observé avec fascination dans le passé les couvertures médiatiques du passage à l'an 2000, de la mort de Lady Diana, des attentats du 11 septembre 2001, etc., j'ai suivi cet événement pour le simple plaisir d'assister à un autre moment d'histoire. La tradition monarchique britannique ne me fait pas "tripper" personnellement, mais je trouve que c'est un phénomène culturel intéressant à voir évoluer, de nos jours, malgré tout ce qui a été érigé dans notre monde pour contrer les monarchies au fil des derniers siècles. Les britanniques sont créatifs, fiers et patriotes, pour entretenir une telle tradition, mais ils ont aussi des coûts de loyers exorbitants. Londres 2012 ne les aidera vraiment pas. Il y aura un prix à payer, un jour, pour toutes ces dépenses et pour la réduction de la qualité de vie de la population à court terme.

Gaga oulala!
Oulala! C'est le mot. J'ai ADORÉ la performance de Lady Gaga du lundi 25 avril dernier au Centre Bell à Montréal. Malgré un retard de près d'une heure et demie, Lady Gaga s'est pointée, plus en forme que jamais, et a littéralement survolté le public en entier, les faisant vite oublier qu'ils l'injuriaient deux minutes avant pour son retard. Personne n'est demeuré indifférent, tout au long de ce spectacle (du moins, autour de moi), à la performance de l'artiste, qui est une véritable métamorphe de la musique populaire. Le Monster Ball tourne depuis déjà près de deux ans, et c'était à Montréal que l'aventure avait commencée en 2009. C'était presque le spectacle clôture de cette tournée phare de l'artiste et qui lui a permis d'acquérir le titre de Mother Monster.

Enchaînant changements de costumes, vidéos, tubes pop bonbons trop sucrés et quelques album tracks moins connues néanmoins très rythmées, Lady Gaga en a vraiment épaté plus d'un. Ce qui m'a le plus surpris est la grande générosité de l'artiste quand vient le temps de monologuer à son public. Étirant parfois ses discours jusqu'à 10 minutes, la mère de tous les monstres n'était toutefois pas banale, mais plutôt très intéressante à écouter. Ses principaux messages lancés au public semblaient sincères et les sujets gravitaient autour de la liberté d'expression, de son amour pour son public, de la possibilité de tous les individus d'être eux-mêmes peu importe leurs différences, bref, de l'espoir. À chaque fin de phrase ou presque, Gaga recevait des tonnes d'applaudissements, preuve que ses fans sont véritablement réceptifs à ses pensées et à son amour. Il faut dire que la madame en reçoit pas mal aussi, mais l'Ego de star qu'on aurait pu croire que Gaga a n'est vraiment pas comparable à celui des Madonna ou Britney Spears de ce monde qui font parfois leur spectacle en entier sans glisser davantage entre leurs chansons qu'un "Hi Montreal". Vraiment, je trouve ce genre de comportement déplorable et insultant de la part d'artistes envers leur public qui paie souvent l'équivalent de la moitié d'un mois de leur salaire pour aller les voir. Lady Gaga ne tombe pas dans le piège de se penser trop importante pour ne pas avoir à discuter avec ses "pauvres fans"... et c'est tout à son honneur.

Sinon, les clous du spectacle ont évidemment été l'enchaînement, à la toute fin du spectacle, de Alejandro, Poker Face, Bad Romance et Born this way, nouveau simple de l'artiste qui avait déjà été joué pendant la soirée de manière acoustique et vocalement tout en beauté. Le public était en feu en voyant Gaga revenir sur scène habillée comme lors des derniers Grammy Awards pour interpréter son nouveau tube. Il ne reste plus qu'à attendre de voir ce que l'artiste prépare comme tournée suite à la sortie de son nouvel album, du même nom que le simple, le 23 mai 2011. Elle nous a promis, lors du spectacle, une tournée grandiose et plus grande que le Monster Ball. D'ici là, on peut voir Gaga sur HBO ce samedi, pour la finale de sa tournée à Mexico City, et sur YouTube plus que jamais puisque l'artiste a atteint le milliard de vues pour la vidéo de Bad Romance. Néanmoins, l'artiste a beau être la reine du 2.0., elle devra demeurer consistance pour le demeurer, car le jeune Justin Bieber la talonne de très près dans cet univers qui l'a lui-même propulsé vers la gloire.

Enfin, le monde de la musique populaire est fascinant, intriguant et résolument intéressant avec cette nouvelle artiste dans le décor. Je ne peux pas attendre la sortie de son nouvel album sans une certaine hâte et sans croire que le public sera gagné d'avance.

Rien n'est impossible, non?